dimanche, novembre 09, 2008

Retour en 1957

A l'occasion de l'anniversaire d'un ami, nous avons ouvert un liquoreux:

1ères cotes de Bordeaux
Cru du Haut Gaudin 1957

Magie des vieux millésimes qui vous projètent inexorablement dans le passé.

Bien que le bouchon se soit complètement désintégré à l'ouverture, une très bonne surprise nous attendait en bouteille. D'une couleur ambrée digne d'un cognac, le nez s'ouvre à nous de façon impeccable sur des notes de cire et de citron. En bouche, le vin a complètement fondu ses sucres et laisse place à un vin quasi sec doté d'une belle acidité et de fines notes d'agrumes (citron). La grande classe.

Emotion de boire un vin qui n'existe plus, mais qui nous attendait pour donner son dernier souffle.

jeudi, novembre 06, 2008

Visite au domaine Bott-Geyl

Deuxième visite au Domaine Bott-Geyl à Beblenheim. Accueilli très chaleureusement par Martine, responsable administrative et rejoint par Jean-Christophe Bott de retour des vignes, nous avons dégusté 15 vins dans le caveau à peine refait.

Ce domaine en biodynamie qui fait partie de l'élite des domaines alsaciens exporte à près de 80%. sa production Jean-Christophe est en contact régulièrement avec des vignerons de renom comme André Ostertag ou Olivier Humbrecht dans le but de progresser toujours davantage.

Ici aussi comme dans tous les grands domaines, l'entrée de gamme bleuffe par son haut niveau. Et contrairement au domaine Josmeyer, les prix ici sont encore restés sages. Saluons cette approche "démocratique" du vin. A noter: son listing de prix indique pour chaque vin un indice de sucrosité de 1 (sec) à 9 (liquoreux) pour aider les consommateurs dans leur achat. Astucieux! Ce n'est pas sans rappeler la méthode Humbrecht...

Compte-rendu d'une longue fin de matinée:
  1. Riesling Lieu-dit Graffenreben de Zellenberg 2003 - 9.90€
    Un vin qui a gommé haut la main le millésime caniculaire avec un nez frais, voire citronné et une bouche harmonieuse. Bien

  2. Riesling Lieu-dit Burgreben de Zellenberg 2004 - 9€
    Nez floral pour une bouche tout en tonicité sur de belles notes d'agrumes. Quelle superbe rapport qualité/prix. Bien

  3. Riesling Lieu-dit Kronebourg de Zellenberg 2005 - 12.50€
    Nez moins fin que les précédents avec une bouche légèrement diluée. Finale originale noisettée. Un peu destructuré à ce stade. Moyen

  4. Riesling Grand Cru Mandelberg 2006 - 20€
    Encore fermé au nez, la bouche impressionne par sa matière et la belle acidité qui balait les sucres légèrement perceptibles à l'attaque. A oublier en cave. Bien

  5. Riesling Grand Cru Schoenenbourg 2006 - 20€
    Un terroir qui offre un nez plus ouvert et une bouche à la finale poivrée originale. Bien

  6. Riesling Lieu-dit Graffenreben de Zellenberg Cuvée Pierre-Antoine VT 2002 - 17.50€
    Bouteille oxydée ouverte depuis trop longtemps. Vin non noté

  7. Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2002 - 17.50€
    A mon sens un modèle de grand pinot gris. Tout est là: bouquet de fruits secs et en bouche, du gras, de la longueur et une panoplie de saveurs mystérieuses. Un vrai pinot gris de gastronomie. Très Bien

  8. Pinot Gris Grand Cru Sonnenglanz 2004 - 18.50€
    Contrairement au terroir purement calcaire du Furstentum, le grand terroir du Sonnenglanz offre ici en plus des marnes qui confèrent au vin plus de puissance. Ce vin ne se goûte pas très bien en ce moment avec une lourdeur aussi bien au nez qu'en bouche. Il faudra attendre qu'il digère ses sucres résiduels et qu'il s'affine. A garder. Moyen+

  9. Pinot Gris Grand Cru Sonnenglanz VT 2001 - 18€
    Un vin qui m'a paru un peu trop watté à mon goût et où j'aurais aimé avoir un surplus d'acidité pour plus de digestibilité. Moyen

  10. Gewurztraminer Les Eléments 2006 - 11.30€
    Très beau nez de fleurs fraiches. Une bouche simple mais qui a la bonté de finir sèche. Bien

  11. Gewurztraminer Lieu-dit Schloesselreben de Beblenheim 2004 - 13.70€
    Un vin puissant, (trop) riche qui possède de belles notes épicées. Moyen+

  12. Gewurztraminer Grand Cru Furstentum 2004 - 19.50€
    Un vin racé, floral, long et épicé. Un superbe vin de gastronomie. Très Bien

  13. Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2004 - 19.50€
    Magie de ce terroir calcaire qui transcende même dans sa jeunesse le cépage en lui conférant des notes originales de citron et une acidité salvatrice d'anthologie. Pour les amateurs de gewurz' non traditionnels. Mon coup de coeur de la dégustation. Très Bien

  14. Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz Grains Passerillés 2003 - 22.50€
    Belle palette aromatique typique du cépage (rose, épices) mais le vin reste marquée par la chaleur du millésime avec une acidité en retrait et une finale marquée par l'alcool (le vin titre tout de même 14.5%). Moyen+

  15. Gewurztraminer Lieu-dit Schloesselreben BOTTrytis "l'Exception" 2005 - 18€
    Martine nous a réservé ce vin en dernier (son préféré). Il n'a en effet rien à envier aux grands crus et passe derrière ceux-ci sans aucun problème. Un nez assez complexe mêlant rose et citron pour une bouche tout en volume sur un équilibre "haut" (alcool, sucres, matière). Belle finale sur de fins amers. Bien
Conclusion: une dégustation marathon qui aura montrée la grandeur des terroirs du Furstentum (calcaire) qui sublime par exemple le Pinot Gris, mais aussi et surtout le très grand Sonnenglanz (marno-calcaire) qui sublime à merveille le Gewurztraminer. Un domaine à découvrir de toute urgence où le rapport qualité/prix est tout bonnement exceptionnel. Un domaine enfin à suivre de près car la volonté de Jean-Christophe Bott de vouloir progresser dans la démarche biodynamiste le mènera sûrement à des sommets de qualité et de profondeur.

Retour au domaine Josmeyer

Après une première visite en avril 2007 (lire ici), j'ai eu envie de revoir où en était ce grand domaine qualitatif alsacien. Et bien le verdict est très imple: le domaine Josmeyer est en grande forme avec une gamme toujours très homogène (juste un pinot gris fait fausse note). Par contre les prix commencent à se faire sentir (même si ils restent compétitifs par rapport à des vins de ce niveau dans d'autres régions de France) et il sera bientôt difficile d'acquérir les grands crus Brand et Hengst. Dommage...

Le domaine pratique toujours sa politique de mettre tôt les vins en bouteille. Ainsi la quasi totalité de la récolte est mis en bouteille avant les vendanges de la nouvelle récolte.

A noter également les sympathiques publications sous "Josmeyer Edition" de fascicules relatant des moments de vie du domaine (voir photo ci-contre), écrit par Céline Meyer (faut il rappeler ici qu'elle a fait des études littéraires avant de reprendre la direction du domaine familial).

Compte-rendu de dégustation de 14 vins entamée dès 10h du matin et animée consciencieusement par la comptable du domaine (Céline Meyer n'étant pas disponible):

  1. Pinot Blanc Mise de Printemps 2007 - 9.30€
    Le fameux Pinot Auxerrois VV 2007 n'étant pas proposé à la dégustation (dommage!), nous nous rabattons sur ce pinot blanc d'entrée de gamme. 1er nez pas très net et assez fermé pour un vin qui se montre léger, simple et assez harmonieux en bouche. Belle amertume finale qui lui donne du caractère. Moyen

  2. Pinot Blanc Les Lutins 2007 - 13.30€
    On monte déjà d'un cran par rapport au vin précédent. Nez plus minéral et plus d'ampleur en bouche. Belle acidité très sapide. Bien

  3. Riesling Les Pierrets 2002 - 18.65€
    Nez pétrolé typique pour les riesling de quelques années sur terroir calcaire. Bouche construite autour d'une trame acide offrant une large salivation et une belle longueur. Bien

  4. Riesling Les Pierrets 2003 - 18.65€
    Intéressant de pouvoir enchainer les millésimes sur le même vin. Ici le millésime se fait (malheureusement) sentir avec une bouche plus riche, quelques sucres résiduels et une acidité en retrait. Moyen+

  5. Riesling Les Pierrets 2004 - 18.30€
    Nez de minéralité sur des notes superbes de pierre à fusil et silex. Je préfère décidemment ce vin sur sa jeunesse avant qu'il ne pétrole. La bouche est un modèle de droiteur avec une acidité superbe, fine et mûre. Un régal. Très Bien

  6. Riesling Grand Cru Brand 2007 - 29.90€
    Nez aérien et floral pour une bouche rectilignissime avec une longueur qui n'en finit pas. Une référence absolue de grand riesling sur granite. Mon coup de coeur de la dégustation. Grand

  7. Riesling Grand Cru Hengst 2003 - 25.90€
    Quel plaisir de faire la comparaison entre ce vin marno-calcaire et le vin précédent. Bien que le millésime soit bien différent, on comprend qu'ils s'expriment très différemment. Ici le vin pétrole au nez (quelle différence par rapport à la même bouteille goûtée vendredi dernier!) et offre en bouche de la puissance sphérique tout en volume, typique des terroirs à dominante marneuse. La finale ne me semble toutefois pas très nette avec une amertume inhabituelle (stress hydrique?). Elle masque la longueur du vin. Millésime qui ne me convainc pas totalement. Bien-

  8. Pinot Gris Le Fromenteau 2006 - 13.90€
    Issu du terroir du lieu-dit Herrenweg (sol léger d'alluvions siliceux sableux). La fausse note de la dégustation. Vin qui champignonne au nez, ce qui n'est pas sans rappeler les pluies de septembre 2006. La bouche est enrobée dans ses sucres résiduels, sans rien pour sauver le tout. Décevant

  9. Pinot Gris "1854" Fondation 2002 - 22.50€
    Superbe univers olfactif des beaux pinots gris avec des notes fumées et une grande netteté. La bouche est parfaitement équilibrée, les sucres résiduels sont enveloppés dans une belle sapidité. Bien

  10. Pinot Gris Grand Cru Hengst 2001 - 27.90€
    Nez original qui s'ouvre sur la cire d'abeille et évolue vite sur des fruits exotiques (mangue très mure). En bouche, les sucres résiduels sont bien enveloppés dans un magnifique gras pour finir sur pointe d'amertume délicate. Le Hengst donne une vraie personnalité au pinot gris, radicalement différente du précédent. Bien

  11. Pinot Gris Grand Cru Brand 2002 - 27.90€
    Bouquet de fruits secs et d'orange amer. Superbe acidité en bouche qui lui confère fraicheur et longueur. Finale saline délicieuse. Très Bien

  12. Gewurztraminer Les Folastries 2007 - 14.95€
    Issu du terroir du lieu-dit Herrenweg (sol léger d'alluvions siliceux sableux). Nez explosif sur la rose avec une bouche ample et très poivrée en finale. Rarement j'ai senti ce niveau d'épices dans un vin. Quel plaisir de le marier avec une cuisine exotique bien relevée. Bien

  13. Gewurztraminer Les Archenets 2000 - 20.80€
    Nez plus subtil que le précédent qui laisse présager une bouche tout en finesse. Gros contraste en bouche avec une rondeur excessive et une pointe lactée saturant vite le palais. A regoûter, peut être seul, pour confirmer ce jugement. Moyen

  14. Gewurztraminer Grand Cru Hengst 2002 - 28.90€
    Quelle classe dès le nez: notes de fleurs fraiches. Un peu déroutant à l'attaque, le vin développe en milieu de bouche des notes originales d'orange amer, voire de bergamotte et finit sur une amertume qui met en appétit. Bien

mercredi, novembre 05, 2008

Obama ça se fête en bulles!

Ce jour historique qui a vu l'élection de Mr. Obama, nous nous devions de fêter cet événement profondément enthousiasmant et si rempli d'espoir.

(c) Photo: New York Times. Pour plus de photos, cliquez ici.

"The hope of a skinny kid with a funny name who believes that America has a place for him too. Hope in the face of difficulty. Hope in the face of uncertainty. The audacity of hope. In the end that is God greatest gift to us, the bedrock of this nation." (Barack Obama, Democratic National Convention - Keynote Address 2004)

Et que de mieux pour célébrer qu'un dîner entre amis ouvert avec de fines bulles:

Larmandier-Bernier Champagne Brut Blanc de Blancs Vieille Vigne de Cramant

Un Champagne grande classe. Discret au nez, il met du temps à se faire approcher. Par contre en bouche il impose très vite le silence autour de lui: finesse de bulles magique, acidité fine et persistante tout en longueur et finale délicieusement noisettée. Tout est là pour fêter ce grand jour en digne compagnie.

samedi, novembre 01, 2008

Match amical France - Allemagne!

Si proche et si méconnu en France, le vignoble allemand s'étend sur près de 100,000 ha (pour comparaison l'Alsace fait environ 15,000 ha et Bordeaux 120,000 ha) et connait une recrudescence qualitative depuis le début des années 1990.

Tout comme son proche voisin l'Alsace, l'Allemagne sait produire des vins de terroir inimitables, pouvant parfois atteindre des sommets avec les plus grands trockenbeerenauslese (l'équivalent de nos Sélection de Grains Nobles). Environ 20% du vignoble est planté avec le roi des cépages, le Riesling.

Sur une idée originale de Jean-Luc Lanoix (Vins & Terroirs à Haguenau), nous avons joué 6 matches amicaux entre nos deux pays viticoles. Tous les vins ont été dégustés par paires à l'aveugle. Compte-rendu d'après match:

Match 1:
Spätburgunder trocken 2005 - Keller 36€

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Pinot Noir Cuvée "V" 2006 - René Muré 24€

  • Le Pinot Noir allemand offre un beau fruit (cassis) assez démonstratif avec une pointe d'alcool. La bouche est assez ronde et fruitée, un peu passe partout ne serait ce pour la finale alcooleuse qui dérange un peu. Moyen
  • La version alsacienne possède un nez fumé, marqué par le boisé. La bouche déçoit par sa fluidité et le manque évident de matière. Une acidité excessive fait planer le doute de la maturité des raisins à la récolte. On se demande vraiment pourquoi ce vin a été passé dans le bois. Raté
Allemagne: 1 -- France: 0


Match 2:
Riesling Clos des Frères 2004- E. Loew 9.60€
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Riesling Trocken 2004 - Wittmann (Rheinessen) 14€


  • Le riesling alsacien est très ouvert au nez avec de belles notes d'agrumes (pamplemousse, citron). L'attaque est perlante et déroule une belle acidité pleine et mûre qui lui donne une bonne longueur sur les agrumes. On ne regrettera seulement que le creux en milieu de bouche. Bien
  • La version outre-rhénane est plus fermée, voire réduite avec des notes pétrolées. La bouche est aussi perlante, mais pas totalement sèche cette fois et offre une large salivation en largeur, typée acide malique (maturité?). La finale manque de netteté. Moyen
Allemagne: 1 -- France: 1


Match 3:
Weissburgunder 2001 - Weingut Ö. Rebholz 28€

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Nuits St Georges Blanc La Perrière 2003 - H. Gouges 52€



Confrontation intéressante de deux pinots blancs. En effet, la parcelle du domaine Gouges est planté en pinot noir qui a au fil des années muté en pinot blanc. C'est donc un cépage unique, propre au domaine.
  • Le weissburgunder est réduit (notes d'humide, café) puis offre des notes lactées à l'aération (malo?) et de litchi. La bouche est destructurée au possible: sucres résiduels, bouche plate, finale amère et alcooleuse. Un vin brouillon à oublier. Moyen-
  • Le Gouges est typé bourogne au nez avec de belles notes grillées et une certaine part de mystère. La bouche se dévoile progressivement. De prime abord, elle se présente sur une attaque lache mais très vite offre un crescendo de matière, sans toutefois faire oublier l'élevage. A garder en espérant que le boisé soit digéré (le prix de cette bouteille me choque tout de même). Moyen+
Allemagne: 1 -- France: 2


Match 4:
Riesling Grand Cru Hengst 2003 - Josmeyer 30€

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Riesling Trocken Bubackert 2003 - Keller 43€


  • Le Hengst a besoin d'aération pour s'affiner et dévoilé son potentiel avec des belles notes d'agrumes. La bouche n'est malheureusement pas sèche (effet millésime pou un vin titrant 12.5%?) et le niveau moyen d'acidité peine à apporter de la fraicheur salvatrice. Bonne longueur. Moyen+
  • Le Bubackert est ouvert et portée par des effluves d'alcool (vin titrant 13.5%). D'attaque franchement perlante, le vin déroule une belle acidité longue et mûre. Notes d'agrumes simples mais belle finale nette sur la minéralite. Bien
Allemagne: 2 -- France: 2


Match 5:
Riesling Auslese 2003 - Wittmann 23€
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Riesling SGN Nature 2000 - J. Meyer 37€


  • La version allemande avec ses 8% d'alcool acquis n'a pas connu le botrytis. Le nez (sur des notes fraiches de pamplemousse) ne laisse en rien présager la bouche type SGN: onctuosité des sucres et bon relai acide qui contrebalance les quelques 200 g/l de sucres résiduels. Belle finale saline. Bien
  • Un vin botrytisé qui titre 13% Le nez explose sur des notes monothématiques de coing surmûri, limite écoeurant. La bouche est sans surprise avec une domination absolue des sucres résiduels (là aussi environ 200 g/l) où l'acidité peine à pointer le bout de sa langue. La finale est quant à elle un peu fatiguée sur des notes de caramel cuit. Ce vin atteste de la progression du domaine depuis. Moyen
Allemagne: 3 -- France: 2

Match 6:
Monbazillac Excellence 2001 - Château des Tours des Verdots 85€ (50cl)
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Riesling Trockenbeerenauslese 2006 - Keller 70€ (37.5cl)


  • Le Monbazillac est marquée par la volatile au nez (colle scotch) et semble fatigué. Confirmation en bouche avec des notes de caramel brûlé, peu d'acidité pour éviter une finale courte et assez lourde. Les 220 g/l de S.R. ne passent pas et le verre ne se vide pas. Moyen
  • On atteint par contre des sommets avec le vin allemand. Dès le nez, le vin fait la différence. Quelle fraicheur avec des notes complexes d'agrumes et de raisins frais. On salive rien que de le sentir! En bouche, c'est l'extase! Une onctuosité (sucres et surtout gras) nous tapisse agréablement toute la bouche avec un relai acide parfait qui nous offre une finale lunghissima de sapidité. Un moment magique d'un vin qui impréssione d'avoir trouvé son équilibre avec 7.5% d'alcool acquis et près de 250 g/l de S.R. Grand
Allemagne: 4 -- France: 2


Conclusion: Score sans appel. Le potentiel des vins allemands n'est plus à démonter. On atteint même des sommets de plénitude et de frisson comme sur le dernier vin. Celà redonne envie de renouveller cette expérience de dégustation, en essayant peut être de coller des matchs sur le même millésime et si possible sur des terroirs similaires. En tout cas, pour l'heure vous saurez où passer vos prochaines vacances viticoles...

mercredi, octobre 29, 2008

Le vin au naturel

Je vous recommande vivement la lecture du excellent ouvrage de François Morel, rédacteur en chef de la revue LeRouge&LeBlanc:

Le vin au naturel
François Morel
Editions Sang de la Terre

Ce livre fait avec rigueur et pédagogie le point sur ce qu'est un vin "naturel". Si il existe des cahiers des charges pour une viticulture biologique ou biodynamique, en revanche la démarche des vins dits "naturels" qui s'étend tout logiquement aux travaux en cave n'a pas été abondamment documenté.

En faisant témoigner directement des viticulteurs comme Pierre Overnoy ou Marcel Lapierre ou des acteurs du monde du vin (Michel Le Gris, caviste, ou Max Léglise, Jules Chauvet) ce livre passe en revue de manière très vivante et claire les bonnes pratiques en matière de mode cultural, d'une vinification interventioniste au minimum (gestion des fermentations, du soufre..) et offre une aperçue utile des acteurs clés du vin "naturel" (Association des Vins Naturels, SEVE, Renaissance des appellations, Divinomnivore, Vignerons Triple A, Salon Vini Secondo Natura, VinNatur...).

Le livre épingle aussi au passage les dégustations d'agrément AOC qui nivèlent par le bas la production en privilégiant une typicité illusoire au détriment de l'originalité intrinsèque des vins de terroir. Il paraitrait plus judicieux de certifier en amont la production d'un domaine viticole à toutes les étapes de la viticulture et de l'oenologie. Ce serait le meilleur garant d'un produit authentique, digne d'être en AOC.

Enfin et surtout, bien loin de l'idée de donner des recettes prêtes à l'emploi, ce livre nous incite à réfléchir à chacun de nos choix (consommateurs, dégustateurs, vignerons...) et à militer pour préserver la grande diversité des vins de terroir.

vendredi, octobre 24, 2008

Fromages et saké - magie des fermentations

Il n'y a que Slow Food pour vous offrir des occasions comme celles ci. Imaginez plutôt confronter lors d'une dégustation la magie de l'univers des fermentations naturelles lactiques (fromages) et du riz (saké).

Initié il y a quelques temps au monde du saké (lire ici), j'ai cette fois eu cette chance d'assister à un atelier du goût Slow Food organisé lors de la dernière édition du Salon du Goût à Turin (23-27 octobre 2008).

Pour bénéficier au mieux de cette confrontation (amicale) entre ces deux univers, le choix a été fait de ne recourir qu'à des producteurs utilisant des méthodes au plus près de la nature: levures naturelles (koji ou lactique) , matières premières biologiques (riz et eau; lait). Ainsi la maison de saké Terada Honke (Daruma Masamune) que le maître affineur Hans Baumgartner, véritable militant de la biodiversité et créateur de fromages, n'utilisent que des méthodes de fabrication artisanales et minimisent au maximum les interventions humaines.

Les fromages ont été dégusté dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du cure-dent (voir photo ci-dessous). Tous les sakés ont été servis à température ambiante.
  1. Mise en bouche: chèvre frais et thé Gyokuro
    Un thé vert japonais rare et très délicat à préparer. Un thé à la texture de cashmire, de soie qui se marie à merveille à la texture tout en fraicheur de ce chèvre aérien

  2. Saké Hanayurana (Terada Honke) avec un chèvre à croûte fleurie au coeur de chocolat fondant 80%
    Un saké titrant seulement 10.4% d'alcool, de 8 ans d'âge (minimum). Un saké aux odeurs oxydatives qui offre une légère rondeur et une finale épicée. Le mariage est particulièrement heureux avec ce chèvre où la croûte laisse vite place à un tendre crémeux et un surprenant craquant du coeur de chocolat qui fait écho aux quelques notes épicées du saké

  3. Saké Daruma Masamune Junmai 2006 (env. 30€ les 500ml) avec une pâte pressée non cuite au cumin
    Un saké titrant 16.9% d'alcool. D'une robe plus foncée que le précédent, il se démarque complètement par son régistre très floral (fleur d'oranger, gentiane) et d'anis. L'accord entre anis et cumin est spectaculaire de justesse

  4. Saké Daruma Massamune Assemblage 10 ans (env. 50€ les 500ml) avec une pâte pressée cuite
    18% d'alcool. Un saké encore plus foncé que le précédent (à gauche sur la photo ci-dessus). Un saké au nez de rancio et de chocolat. Le monde oxydatif du saké dialogue très bien avec la pâte pressée cuite

  5. Saké Daruma Massamune Koshu 1979 (env. 200€ les 500ml) avec une pâte pressée cuite et un bleu
    Saké titrant 17.8%. Un saké exceptionnel (production de 200 bouteilles). D'une couleur maron café (à droite sur la photo ci-dessus), ce saké offre une compléxité olfactive inouie: cacao, toasté, herbes aromatiques, iode. La bouche est un crescendo de saveurs épicées et subtiles. Il impressione par sa matière et sa longueur sur des notes chocolatées. Il tient parfaitement tête à un fromage bleu, mais je dois dire que je l'ai plus apprécié seul. Un vrai honneur d'avoir pu goûter un tel saké!
Conclusion: Fascinant de voir la rencontre de deux mondes fermentaires. Comme si la diversité de la flore bactérienne permettait des "ponts de saveur" entre des produits a priori d'origine très différente. Ca ouvre la porte à de nouvelles dégustations transversales où les fermentations agissent comme liant (bière, pain, thé noir ou wulong, pâte levée, choucroute, surströmming...)).