jeudi, novembre 06, 2008

Retour au domaine Josmeyer

Après une première visite en avril 2007 (lire ici), j'ai eu envie de revoir où en était ce grand domaine qualitatif alsacien. Et bien le verdict est très imple: le domaine Josmeyer est en grande forme avec une gamme toujours très homogène (juste un pinot gris fait fausse note). Par contre les prix commencent à se faire sentir (même si ils restent compétitifs par rapport à des vins de ce niveau dans d'autres régions de France) et il sera bientôt difficile d'acquérir les grands crus Brand et Hengst. Dommage...

Le domaine pratique toujours sa politique de mettre tôt les vins en bouteille. Ainsi la quasi totalité de la récolte est mis en bouteille avant les vendanges de la nouvelle récolte.

A noter également les sympathiques publications sous "Josmeyer Edition" de fascicules relatant des moments de vie du domaine (voir photo ci-contre), écrit par Céline Meyer (faut il rappeler ici qu'elle a fait des études littéraires avant de reprendre la direction du domaine familial).

Compte-rendu de dégustation de 14 vins entamée dès 10h du matin et animée consciencieusement par la comptable du domaine (Céline Meyer n'étant pas disponible):

  1. Pinot Blanc Mise de Printemps 2007 - 9.30€
    Le fameux Pinot Auxerrois VV 2007 n'étant pas proposé à la dégustation (dommage!), nous nous rabattons sur ce pinot blanc d'entrée de gamme. 1er nez pas très net et assez fermé pour un vin qui se montre léger, simple et assez harmonieux en bouche. Belle amertume finale qui lui donne du caractère. Moyen

  2. Pinot Blanc Les Lutins 2007 - 13.30€
    On monte déjà d'un cran par rapport au vin précédent. Nez plus minéral et plus d'ampleur en bouche. Belle acidité très sapide. Bien

  3. Riesling Les Pierrets 2002 - 18.65€
    Nez pétrolé typique pour les riesling de quelques années sur terroir calcaire. Bouche construite autour d'une trame acide offrant une large salivation et une belle longueur. Bien

  4. Riesling Les Pierrets 2003 - 18.65€
    Intéressant de pouvoir enchainer les millésimes sur le même vin. Ici le millésime se fait (malheureusement) sentir avec une bouche plus riche, quelques sucres résiduels et une acidité en retrait. Moyen+

  5. Riesling Les Pierrets 2004 - 18.30€
    Nez de minéralité sur des notes superbes de pierre à fusil et silex. Je préfère décidemment ce vin sur sa jeunesse avant qu'il ne pétrole. La bouche est un modèle de droiteur avec une acidité superbe, fine et mûre. Un régal. Très Bien

  6. Riesling Grand Cru Brand 2007 - 29.90€
    Nez aérien et floral pour une bouche rectilignissime avec une longueur qui n'en finit pas. Une référence absolue de grand riesling sur granite. Mon coup de coeur de la dégustation. Grand

  7. Riesling Grand Cru Hengst 2003 - 25.90€
    Quel plaisir de faire la comparaison entre ce vin marno-calcaire et le vin précédent. Bien que le millésime soit bien différent, on comprend qu'ils s'expriment très différemment. Ici le vin pétrole au nez (quelle différence par rapport à la même bouteille goûtée vendredi dernier!) et offre en bouche de la puissance sphérique tout en volume, typique des terroirs à dominante marneuse. La finale ne me semble toutefois pas très nette avec une amertume inhabituelle (stress hydrique?). Elle masque la longueur du vin. Millésime qui ne me convainc pas totalement. Bien-

  8. Pinot Gris Le Fromenteau 2006 - 13.90€
    Issu du terroir du lieu-dit Herrenweg (sol léger d'alluvions siliceux sableux). La fausse note de la dégustation. Vin qui champignonne au nez, ce qui n'est pas sans rappeler les pluies de septembre 2006. La bouche est enrobée dans ses sucres résiduels, sans rien pour sauver le tout. Décevant

  9. Pinot Gris "1854" Fondation 2002 - 22.50€
    Superbe univers olfactif des beaux pinots gris avec des notes fumées et une grande netteté. La bouche est parfaitement équilibrée, les sucres résiduels sont enveloppés dans une belle sapidité. Bien

  10. Pinot Gris Grand Cru Hengst 2001 - 27.90€
    Nez original qui s'ouvre sur la cire d'abeille et évolue vite sur des fruits exotiques (mangue très mure). En bouche, les sucres résiduels sont bien enveloppés dans un magnifique gras pour finir sur pointe d'amertume délicate. Le Hengst donne une vraie personnalité au pinot gris, radicalement différente du précédent. Bien

  11. Pinot Gris Grand Cru Brand 2002 - 27.90€
    Bouquet de fruits secs et d'orange amer. Superbe acidité en bouche qui lui confère fraicheur et longueur. Finale saline délicieuse. Très Bien

  12. Gewurztraminer Les Folastries 2007 - 14.95€
    Issu du terroir du lieu-dit Herrenweg (sol léger d'alluvions siliceux sableux). Nez explosif sur la rose avec une bouche ample et très poivrée en finale. Rarement j'ai senti ce niveau d'épices dans un vin. Quel plaisir de le marier avec une cuisine exotique bien relevée. Bien

  13. Gewurztraminer Les Archenets 2000 - 20.80€
    Nez plus subtil que le précédent qui laisse présager une bouche tout en finesse. Gros contraste en bouche avec une rondeur excessive et une pointe lactée saturant vite le palais. A regoûter, peut être seul, pour confirmer ce jugement. Moyen

  14. Gewurztraminer Grand Cru Hengst 2002 - 28.90€
    Quelle classe dès le nez: notes de fleurs fraiches. Un peu déroutant à l'attaque, le vin développe en milieu de bouche des notes originales d'orange amer, voire de bergamotte et finit sur une amertume qui met en appétit. Bien

mercredi, novembre 05, 2008

Obama ça se fête en bulles!

Ce jour historique qui a vu l'élection de Mr. Obama, nous nous devions de fêter cet événement profondément enthousiasmant et si rempli d'espoir.

(c) Photo: New York Times. Pour plus de photos, cliquez ici.

"The hope of a skinny kid with a funny name who believes that America has a place for him too. Hope in the face of difficulty. Hope in the face of uncertainty. The audacity of hope. In the end that is God greatest gift to us, the bedrock of this nation." (Barack Obama, Democratic National Convention - Keynote Address 2004)

Et que de mieux pour célébrer qu'un dîner entre amis ouvert avec de fines bulles:

Larmandier-Bernier Champagne Brut Blanc de Blancs Vieille Vigne de Cramant

Un Champagne grande classe. Discret au nez, il met du temps à se faire approcher. Par contre en bouche il impose très vite le silence autour de lui: finesse de bulles magique, acidité fine et persistante tout en longueur et finale délicieusement noisettée. Tout est là pour fêter ce grand jour en digne compagnie.

samedi, novembre 01, 2008

Match amical France - Allemagne!

Si proche et si méconnu en France, le vignoble allemand s'étend sur près de 100,000 ha (pour comparaison l'Alsace fait environ 15,000 ha et Bordeaux 120,000 ha) et connait une recrudescence qualitative depuis le début des années 1990.

Tout comme son proche voisin l'Alsace, l'Allemagne sait produire des vins de terroir inimitables, pouvant parfois atteindre des sommets avec les plus grands trockenbeerenauslese (l'équivalent de nos Sélection de Grains Nobles). Environ 20% du vignoble est planté avec le roi des cépages, le Riesling.

Sur une idée originale de Jean-Luc Lanoix (Vins & Terroirs à Haguenau), nous avons joué 6 matches amicaux entre nos deux pays viticoles. Tous les vins ont été dégustés par paires à l'aveugle. Compte-rendu d'après match:

Match 1:
Spätburgunder trocken 2005 - Keller 36€

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Pinot Noir Cuvée "V" 2006 - René Muré 24€

  • Le Pinot Noir allemand offre un beau fruit (cassis) assez démonstratif avec une pointe d'alcool. La bouche est assez ronde et fruitée, un peu passe partout ne serait ce pour la finale alcooleuse qui dérange un peu. Moyen
  • La version alsacienne possède un nez fumé, marqué par le boisé. La bouche déçoit par sa fluidité et le manque évident de matière. Une acidité excessive fait planer le doute de la maturité des raisins à la récolte. On se demande vraiment pourquoi ce vin a été passé dans le bois. Raté
Allemagne: 1 -- France: 0


Match 2:
Riesling Clos des Frères 2004- E. Loew 9.60€
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Riesling Trocken 2004 - Wittmann (Rheinessen) 14€


  • Le riesling alsacien est très ouvert au nez avec de belles notes d'agrumes (pamplemousse, citron). L'attaque est perlante et déroule une belle acidité pleine et mûre qui lui donne une bonne longueur sur les agrumes. On ne regrettera seulement que le creux en milieu de bouche. Bien
  • La version outre-rhénane est plus fermée, voire réduite avec des notes pétrolées. La bouche est aussi perlante, mais pas totalement sèche cette fois et offre une large salivation en largeur, typée acide malique (maturité?). La finale manque de netteté. Moyen
Allemagne: 1 -- France: 1


Match 3:
Weissburgunder 2001 - Weingut Ö. Rebholz 28€

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Nuits St Georges Blanc La Perrière 2003 - H. Gouges 52€



Confrontation intéressante de deux pinots blancs. En effet, la parcelle du domaine Gouges est planté en pinot noir qui a au fil des années muté en pinot blanc. C'est donc un cépage unique, propre au domaine.
  • Le weissburgunder est réduit (notes d'humide, café) puis offre des notes lactées à l'aération (malo?) et de litchi. La bouche est destructurée au possible: sucres résiduels, bouche plate, finale amère et alcooleuse. Un vin brouillon à oublier. Moyen-
  • Le Gouges est typé bourogne au nez avec de belles notes grillées et une certaine part de mystère. La bouche se dévoile progressivement. De prime abord, elle se présente sur une attaque lache mais très vite offre un crescendo de matière, sans toutefois faire oublier l'élevage. A garder en espérant que le boisé soit digéré (le prix de cette bouteille me choque tout de même). Moyen+
Allemagne: 1 -- France: 2


Match 4:
Riesling Grand Cru Hengst 2003 - Josmeyer 30€

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Riesling Trocken Bubackert 2003 - Keller 43€


  • Le Hengst a besoin d'aération pour s'affiner et dévoilé son potentiel avec des belles notes d'agrumes. La bouche n'est malheureusement pas sèche (effet millésime pou un vin titrant 12.5%?) et le niveau moyen d'acidité peine à apporter de la fraicheur salvatrice. Bonne longueur. Moyen+
  • Le Bubackert est ouvert et portée par des effluves d'alcool (vin titrant 13.5%). D'attaque franchement perlante, le vin déroule une belle acidité longue et mûre. Notes d'agrumes simples mais belle finale nette sur la minéralite. Bien
Allemagne: 2 -- France: 2


Match 5:
Riesling Auslese 2003 - Wittmann 23€
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Riesling SGN Nature 2000 - J. Meyer 37€


  • La version allemande avec ses 8% d'alcool acquis n'a pas connu le botrytis. Le nez (sur des notes fraiches de pamplemousse) ne laisse en rien présager la bouche type SGN: onctuosité des sucres et bon relai acide qui contrebalance les quelques 200 g/l de sucres résiduels. Belle finale saline. Bien
  • Un vin botrytisé qui titre 13% Le nez explose sur des notes monothématiques de coing surmûri, limite écoeurant. La bouche est sans surprise avec une domination absolue des sucres résiduels (là aussi environ 200 g/l) où l'acidité peine à pointer le bout de sa langue. La finale est quant à elle un peu fatiguée sur des notes de caramel cuit. Ce vin atteste de la progression du domaine depuis. Moyen
Allemagne: 3 -- France: 2

Match 6:
Monbazillac Excellence 2001 - Château des Tours des Verdots 85€ (50cl)
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Riesling Trockenbeerenauslese 2006 - Keller 70€ (37.5cl)


  • Le Monbazillac est marquée par la volatile au nez (colle scotch) et semble fatigué. Confirmation en bouche avec des notes de caramel brûlé, peu d'acidité pour éviter une finale courte et assez lourde. Les 220 g/l de S.R. ne passent pas et le verre ne se vide pas. Moyen
  • On atteint par contre des sommets avec le vin allemand. Dès le nez, le vin fait la différence. Quelle fraicheur avec des notes complexes d'agrumes et de raisins frais. On salive rien que de le sentir! En bouche, c'est l'extase! Une onctuosité (sucres et surtout gras) nous tapisse agréablement toute la bouche avec un relai acide parfait qui nous offre une finale lunghissima de sapidité. Un moment magique d'un vin qui impréssione d'avoir trouvé son équilibre avec 7.5% d'alcool acquis et près de 250 g/l de S.R. Grand
Allemagne: 4 -- France: 2


Conclusion: Score sans appel. Le potentiel des vins allemands n'est plus à démonter. On atteint même des sommets de plénitude et de frisson comme sur le dernier vin. Celà redonne envie de renouveller cette expérience de dégustation, en essayant peut être de coller des matchs sur le même millésime et si possible sur des terroirs similaires. En tout cas, pour l'heure vous saurez où passer vos prochaines vacances viticoles...

mercredi, octobre 29, 2008

Le vin au naturel

Je vous recommande vivement la lecture du excellent ouvrage de François Morel, rédacteur en chef de la revue LeRouge&LeBlanc:

Le vin au naturel
François Morel
Editions Sang de la Terre

Ce livre fait avec rigueur et pédagogie le point sur ce qu'est un vin "naturel". Si il existe des cahiers des charges pour une viticulture biologique ou biodynamique, en revanche la démarche des vins dits "naturels" qui s'étend tout logiquement aux travaux en cave n'a pas été abondamment documenté.

En faisant témoigner directement des viticulteurs comme Pierre Overnoy ou Marcel Lapierre ou des acteurs du monde du vin (Michel Le Gris, caviste, ou Max Léglise, Jules Chauvet) ce livre passe en revue de manière très vivante et claire les bonnes pratiques en matière de mode cultural, d'une vinification interventioniste au minimum (gestion des fermentations, du soufre..) et offre une aperçue utile des acteurs clés du vin "naturel" (Association des Vins Naturels, SEVE, Renaissance des appellations, Divinomnivore, Vignerons Triple A, Salon Vini Secondo Natura, VinNatur...).

Le livre épingle aussi au passage les dégustations d'agrément AOC qui nivèlent par le bas la production en privilégiant une typicité illusoire au détriment de l'originalité intrinsèque des vins de terroir. Il paraitrait plus judicieux de certifier en amont la production d'un domaine viticole à toutes les étapes de la viticulture et de l'oenologie. Ce serait le meilleur garant d'un produit authentique, digne d'être en AOC.

Enfin et surtout, bien loin de l'idée de donner des recettes prêtes à l'emploi, ce livre nous incite à réfléchir à chacun de nos choix (consommateurs, dégustateurs, vignerons...) et à militer pour préserver la grande diversité des vins de terroir.

vendredi, octobre 24, 2008

Fromages et saké - magie des fermentations

Il n'y a que Slow Food pour vous offrir des occasions comme celles ci. Imaginez plutôt confronter lors d'une dégustation la magie de l'univers des fermentations naturelles lactiques (fromages) et du riz (saké).

Initié il y a quelques temps au monde du saké (lire ici), j'ai cette fois eu cette chance d'assister à un atelier du goût Slow Food organisé lors de la dernière édition du Salon du Goût à Turin (23-27 octobre 2008).

Pour bénéficier au mieux de cette confrontation (amicale) entre ces deux univers, le choix a été fait de ne recourir qu'à des producteurs utilisant des méthodes au plus près de la nature: levures naturelles (koji ou lactique) , matières premières biologiques (riz et eau; lait). Ainsi la maison de saké Terada Honke (Daruma Masamune) que le maître affineur Hans Baumgartner, véritable militant de la biodiversité et créateur de fromages, n'utilisent que des méthodes de fabrication artisanales et minimisent au maximum les interventions humaines.

Les fromages ont été dégusté dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du cure-dent (voir photo ci-dessous). Tous les sakés ont été servis à température ambiante.
  1. Mise en bouche: chèvre frais et thé Gyokuro
    Un thé vert japonais rare et très délicat à préparer. Un thé à la texture de cashmire, de soie qui se marie à merveille à la texture tout en fraicheur de ce chèvre aérien

  2. Saké Hanayurana (Terada Honke) avec un chèvre à croûte fleurie au coeur de chocolat fondant 80%
    Un saké titrant seulement 10.4% d'alcool, de 8 ans d'âge (minimum). Un saké aux odeurs oxydatives qui offre une légère rondeur et une finale épicée. Le mariage est particulièrement heureux avec ce chèvre où la croûte laisse vite place à un tendre crémeux et un surprenant craquant du coeur de chocolat qui fait écho aux quelques notes épicées du saké

  3. Saké Daruma Masamune Junmai 2006 (env. 30€ les 500ml) avec une pâte pressée non cuite au cumin
    Un saké titrant 16.9% d'alcool. D'une robe plus foncée que le précédent, il se démarque complètement par son régistre très floral (fleur d'oranger, gentiane) et d'anis. L'accord entre anis et cumin est spectaculaire de justesse

  4. Saké Daruma Massamune Assemblage 10 ans (env. 50€ les 500ml) avec une pâte pressée cuite
    18% d'alcool. Un saké encore plus foncé que le précédent (à gauche sur la photo ci-dessus). Un saké au nez de rancio et de chocolat. Le monde oxydatif du saké dialogue très bien avec la pâte pressée cuite

  5. Saké Daruma Massamune Koshu 1979 (env. 200€ les 500ml) avec une pâte pressée cuite et un bleu
    Saké titrant 17.8%. Un saké exceptionnel (production de 200 bouteilles). D'une couleur maron café (à droite sur la photo ci-dessus), ce saké offre une compléxité olfactive inouie: cacao, toasté, herbes aromatiques, iode. La bouche est un crescendo de saveurs épicées et subtiles. Il impressione par sa matière et sa longueur sur des notes chocolatées. Il tient parfaitement tête à un fromage bleu, mais je dois dire que je l'ai plus apprécié seul. Un vrai honneur d'avoir pu goûter un tel saké!
Conclusion: Fascinant de voir la rencontre de deux mondes fermentaires. Comme si la diversité de la flore bactérienne permettait des "ponts de saveur" entre des produits a priori d'origine très différente. Ca ouvre la porte à de nouvelles dégustations transversales où les fermentations agissent comme liant (bière, pain, thé noir ou wulong, pâte levée, choucroute, surströmming...)).

Dégustation de vins italiens au Salon du Goût 2008

A l'occasion du Salon du Goût (Slow Food) qui s'est tenu à Turin du 23 au 27 octobre 2008, je me suis rendu dans l'oenothèque qui mettait à disposition du public près de 2500 étiquettes (90% de vins italiens).

Autant vous dire que le choix a été long et difficile. Armé de la liste des vins (bulles, blanc ,rouge, rosé, moelleux/liquoreux...), j'ai repéré quelques flacons. Une bonne partie des vins que j'ai dégustés ont été tiré de la Banca del Vino, une collection de 100 000 bouteilles conservés dans des conditions idéales dans des caves souterraines à Pollenzo au sein de l'Université des Sciences Gastronomiques Slow Food. Voici un bref compte-rendu des dégustations:

  1. Franciacorta Extra Brut 2001 - Ferghettina (Adro)
    Une mise en bouche avec quelques bulles. Un vin au nez fermentaire offrant en bouche des bulles assez grossières et des signes de fatigue certains. Une finale courte. Bof bof

  2. Traminer 2006 - Bio-Weinbau Gitta Rupp & Söhne (Berghausen)
    Curieux de goûter ce vin blanc tranquille autrichien sur une version non épicée de notre gewurztraminer alsacien, mon choix s'est porté sur ce traminer 2006. Quelle suprise en découvrant au nez et en bouche un vin typé Muscat d'Alsace. Nez odeur de raisins de Muscat frais avec l'amertume typique en bouche. Un vin sec sans grande personnalité. Moyen

  3. Chianti Classico Castello du Brolio 1999 - Barone Ricasoli (Gaiole in Chianti)
    Etant amateur de l'huile d'olive du domaine, ma curiosité m'a naturellement porté vers la production viticole de ce superbe domaine au coeur de la Toscane. D'une couleur rouge brique évolué, ce merveilleux chianti offre un nez complexe qui évolue à l'aération: notes animales et sanguines, boisé fin, cacao, charnel. La bouche me frappe par sa grande fraicheur avec de belles notes de fenouil et d'anis. Les tanins sont patinés à souhait et la finale longue sur des notes salines. Un très beau vin. Très Bien

  4. Roero Superiore 1990 - Monchiero Carbone (Canale)
    Robe évoluée avec un nez sur des notes de cuir évoluant sur des herbes aromatiques. En bouche le vin paraît un peu avoir dépassé son apogée, mais offre des notes intéressantes de fumée, de tourbe, voire de poisson séché. Dommage que l'acidité domine le corps un peu mince. Moyen+

  5. Barbaresco Rabaja Riserva 1996 - Giuseppe Cortese (Barbaresco)
    Un nez assez fermé mais avec de fines notes animales qui évoluent là encore vers le cacao. Une bouche qui fait écho au nez: tout en finesse et harmonie où domine la réglisse. Un vin qui encore toute sa jeunesee. Bien

  6. Colli Tortonesi Bianco Franco 2007 - Franco M. Martinetti (Torino)
    Honneur au Piémont et en particulier à Turin pour finir ce mini tour d'Italie avec ce blanc qui s'avérera malheureusement peu expressif au nez et qui présente une certaine richesse et amertume en bouche, sans toutefois dévéloppé une réelle personnalité. Me rappelle un pinot blanc alsacien de base. Moyen
P.S. Quelques images du Salon du Goût 2008 ici

jeudi, octobre 23, 2008

A la découverte du houblon

Merci à Slow Food et au Salon du Goût à Turin (23-27 octobre 2008) pour nous offrir des occasions en or pour parfaire sa technicque de dégustation.

Une fois n'est pas coutume, je ne vous emmène pas aujourd'hui dans le monde de fermentation du raisin, mais dans celui du malt et du houblon pour partir à la découverte de l'effet houblon!

Quel meilleur voyage pour s'étalonner son palais en matière d'amertume.


Faire de la bière artisanale c'est savoir maitriser la chauffe pour une extraction contrôlée de l'amertume et comprendre quand ajouter le houblon pendant la fermentation pour en extraire tous ses arômes et saveurs.

Le but recherché dans cette dégustation est de nous sensibiliser à l'importance du type de houblon dans lla personnalité et l'équilibre du produit final. L'importance n'est donc pas donné ici aux levures.

Dégustation par amertume croissante de 6 bières américaines artisanales:

  1. Alaskan Pale Ale - Alaskan Brewing Company
    Houblons: Chinook, Willamette, American Tettnanger
    Alcool: 4.65% - Indice amertume IBU: 24
    Bière au nez explolsif sur des notes florales et fruitées (abricot, miel) qui offre une bouche très légère et une amertume en retrait. Moyen+

  2. Mirror Pond Pale Ale - Deschutes Brewing Company
    Houblons: Cascade
    Alcool: 5.0% - Indice amertume IBU: 40
    Robe plus foncée que la précédente pour une bière qui joue plus sur la finesse avec des notes typiques de citron et pamplemousse. Se compléxifie à l'aération avec une pointe de cire d'abeille. Belle amertume en bouche et finale citronnée. Bien

  3. Snake Dog India Pale Ale - Flying Dog Brewery
    Houblons: Warrior, Colombus, Golding
    Alcool: 5.8% - Indice amertume IBU: env. 60
    1er nez de clou de girofle, pétrole avec évolution sur des notes de rose et de muscat. Une bouche construite sur l'amertume (trame), un peu monothématique. Moyen

  4. Big Swell India Pale Ale - Maui Brewing Company
    Houblons: Galena, Crystal, Centennial, Colombus, Amarillo
    Alcool: 6.2% - Indice amertume IBU: 50
    Un nez mystérieux qui nous porte dans l'univers du pétrolé, du fumé avec des notes de terre. Une bouche ample avec une su)perbe amertume qui passe bien mieux que dans la bière précédente. Finale sur l'orange amère. Bien

  5. India Pale Ale - Odell Brewing Company
    Houblons: Amarillo, Centennial, Colombus, Horizon, U.S. Perle, Simcoe
    Alcool: 7.0% - Indice amertume IBU: 60
    Nez fruité d'intensité croissante. Evolution sur le fruit exotique (mangue). En bouche, forte mousse et large salivation (fort niveau d'acidité). Le fruit masque l'amer. Moyen+

  6. India Pale Ale - Caldera Ashland, Oregon
    Bière surprise à la composition inconnue. Nez étonnant de chocolat et de marc de café. Une bouche très amer. Moyen