mercredi, avril 18, 2007

Dégustation d'huile d'olive

Dans le cadre d'un Atelier du Goût organisé par Slow Food lors de son salon "Aux origines du goût" qui s'est tenu en avril à Montpellier, j'ai assisté à une dégustation commentée d'huile d'olive! J'ai eu le droit à un mini cours de dégustation propre à l'huile d'olive et mise en pratique avec 7 huiles d'olive (5 du pays de l'Hérault, 1 toscane et 1 huile d'argane du Maroc). Atelier très instructif qui met en jeu une autre technique d'analyse sensorielle...

Comment déguster une huile d'olive?

Les informations ci-dessous sont librement adaptées de documents fournis par la Chambre d'Agriculture (Mme E. Terrien) et le Conseil Régional de l'Hérault.

Déguster une huile d'olive c'est analyser:
  • le fruité: défini comme l'ensemble des arômes hors défauts. On s'intéressera à la composition aromatique (artichaut cru/cuit, herbe, pomme...), la complexité, l'intensité (léger, medium ou intense) et surtout le type de fruité (vert, mûr ou noir)

  • l'amertume: goût ressenti sur l'arrière de la langue (identique bien sûr à la perception de dégustation dans les vins)

  • l'ardence: sensation tactile dans la gorge de picotement, d'irritation, qui peut aller jusqu'à déclencher une toux. Le piquant d'une huile témoigne de la bonne fraicheur des olives au moment de la trituration
La notion de type de fruité est fondamentale pour comprendre une huile d'olive. On distingue 3 grandes familles de fruités (la notion de fruité est à comprendre au sens de l'ensemble des sensations olfactives):
  • le fruité vert: arômes dominés par des odeurs herbacées, fraiches telles que herbe coupée ou gazon, feuille, artichaut cru, plant de tomate, banane fraiche, poivron vert, pomme verte. Ces arômes reflètent des olives cueillies assez tôt, encore vertes

  • le fruité mûr: provient d'olives cueillies plus tardivement. On y trouve une très large panoplie d'arômes que l'on peut classer en plusieurs séries:

    • série végétale: champignon, truffe, artichaut cuit, tomate cuite ou confite...

    • série fruitée: abricot, banane, cassis, fruits rouges, citron confit, fruits à chair blanche, coco, olive noire, poivron...

    • série fruits secs: amande, datte, noisette, noix, pruneau...

    • série épicée: vanille...

    • série empyreumatique: cacao, chocolat, pain, pain grillé, torréfié, pâtisserie...

    • Autres: arômes fermentaires (beurre, levure, pâtisserie), tapenade...

  • le fruité noir: lorsque les olives ont subi un processus de fermentation contrôlée. De telles huiles ne présentent plus aucun caractère de fruits frais mais ont une panoplie d'odeurs se rapprochant du cacao, champignon, vanille, fruits confits... En général, elles ne présentent pas ou peu d'amertume et moins d'ardence. A noter: on parle d'aspect végétal d'une huile pour signaler l'absence de fermentation. On peut donc parler d'huile au fruité vert ou mûr

Les conditions de la dégustation

  • Commencez la dégustation par des huiles mono-variétales, du fruité vert au fruité mûr puis noir, par intensité croissante

  • Servir l'huile dans un mini verre (plastique...). Tenir le verre dans sa main pour réchauffer l'huile afin qu'elle dégage au maximum ses arômes. La température idéale de service se situe autour de 26 degrés

  • Humectez longuement l'huile en essayant de déterminer son type de fruité, son intensité, sa complexité

  • Prendre une petite gorgée d'huile en bouche et la mâcher longuement afin qu'elle soit en contact prolongée avec toutes les muqueuses de la bouche

  • En bouche concentrez-vous sur l'amertume, l'ardence (une fois l'huile ingurgitée) et les arômes perçus. Vous ne percevrez aucune autre sensation telle que sucrosité, salinité ou acidité. En effet, l'acidité d'une huile d'olive n'est pas détectable au niveau gustatif. C'est juste une mesure chimique (pourcentage d'acide oléique libre) qui doit se situer au-dessous de 1%. Un taux supérieur en acide oléique trahirait un mauvais état sanitaire des olives la récolte et un délai de traitement avant la trituration

  • Prévoir une bouteille d'eau, du pain, des quartiers de pomme pour se refaire la bouche entre deux huiles
En savoir plus sur la dégustation d'huile d'olive, cliquez ici.

mardi, avril 17, 2007

Effet Terroir et Carignan

Dans le cadre d'un Atelier du Goût organisé par Slow Food lors de son salon "Aux origines du goût" qui s'est tenu en avril à Montpellier, j'ai assisté à une dégustation commentée de 7 Carignan vinifié sur des sols de nature différente. Dans la mesure du possible, les vins ont été vinifiés de la même manière (faible rendement, zéro intrant autre que le SO2..) pour minimiser la main de l'homme. Cépage longtemps méprisé, jugé trop productif, il revient à la mode sous l'impulsion de l'association Carignan Renaissance. Résultat des courses:

Galets roulés
Carignan Dom. de Familongue 2004
Fruité noir intense avec pointe de volatile (composante acide acétique) puis nez torréfié. En bouche, acidité fine et finale fraiche, anisée. Vin de fruit entaché par quelques notes lactées. 30% macération carbonique. 40 l/ha. 6€ Moyen

Silex
Carignan Dom. Les Eminades Cuvée Rue des Vignes 2004
Nez à défaut brettanomycès (crottin de cheval). Demi corps, court, tanins rustiques mais étonnement frais. Vignes de 50 ans. D'après son vinificateur, le silex se marque généralement par une maturité lente et le vin garde une certaine fraicheur. 4.90€ Moyen

Sables et argilo-calcaire
Carignan Dom. Puehc-Auriel 2004
Boisé fin, fruit délicat. Notes de grafite, empyreumatique. Pointe d'alcool et de réglisse. La bouche est fine même si les tanins doivent encore d'assagir. Vignes de 60 à 80 ans, 35 hl/ha; 14.5%. Les sols blancs augmentent la concentration et le degré d'alcool. Bien

Terres rouges et ruffes
Carignan Mas des Chimères 2004
Vin trouble avec dépôt (vin non filtré). Nez vulgaire de cassis (macération carbonique). Bouche acidulée avec quelques sucres résiduels. Fruité simpliste, peu tannique. Sol riche en oxyde de fer. 6 € Très moyen

Basalte
Carignan Dom. Le Conte des Floris 2004
Nez animal, fumé évoluant sur les herbes aromatiques (sauge), puis le fruit (cassis). Bouche tannnique (aséchante). Belle matière et bonne longueur. La roche volcanique donne en général des notes fumées ou de moca avec des tanins soyeux et fins. 9€ Moyen

Cailloutis calcaire
Carignan Clos du Gravillas 2004 (John Bojanowski, fondateur de
Carignan Renaissance). Nez boisé et animal. Bouche marquée par une gouttière acide, légèrement tannique. Finale amère et alcool un peu élevé. Le calcaire amèen en principe fraicheur et minéralité. 7€ Moyen +

Graves du Villafranchien
Grenache Dom. de Bellevue 2004
1er nez lacté, pointe de volatile (colle scotch), boisé. Tanins fins mais trop marqué par le boisé. Finale brûlante, empyreumatique. 14.5%; 19.60€ Moyen

Conclusion: il a été difficle de ressentir l'effet terroir pur car les différences de vinification n'étaient pas nulles. On voit par ces dégustations que l'on est au tout début de la compréhension de l'effet terroir et on peut se dire qu'en Alsace, on n'a pas a rougir quant à l'avancement des connaissances à ce sujet. Soyons régionaliste pour une fois!

Le cercle des cepages disparus... en Languedoc

Tel était le titre d'un Atelier du Goût organisé par Slow Food lors de son salon "Aux origines du goût" qui s'est tenu en avril à Montpellier... Au programme dégustation de 7 vins (2 blancs et 5 rouges) commentés oar les vignerons en personne.

Carignan Blanc 2004
Dom. Le Conte de Floris
Robe jaune or soutenu. Nez fumé, grillé, droit, puissant. Très bonne tenue à l'oxydation. En bouche le vin attaque sur le gras et se révèle très salin. Vinifié en barrique (15% de bois neuf). 13.5%; 16€. Moyen +

Piquepoul noir 2006
Dom. de la Grangette
A ne pas confondre avec le cépage picpoule qui entre entre autres dans la composition du Châteauneuf du Pape. Vin rosé saumoné. Nez intense de fruits (poire). Simple. Attaque perlante, demi corps. Finale assez chaude voire épicée. Acidité en bordure de la langue. Bof

Allicante-bouchet 2004
Dom. de la Pailletrice
Cépage teinturier. Nez lacté et de fraise. Bouche marquée par une forte acidité, peu de matière et absence de tanins. Rendement élevé (50 hl/ha). Raté

Morastel noir 2005
Abbaye de Valmagne
A ne pas confondre avec le cépage espagnol Monastrel qui est le mourvèdre. Robe noir encre avec bordure violette. 1er nez pas très propre (carton) puis odeurs intenses de thé noir fumé et de boite à cigares. Nez surprenant mais un peu monolithique. Attaque ronde, tanins rustiques asséchants renforcés par un haut niveau d'acidité. Vinification expérimentale car ce cépage mérite à être assemblé. Moyen

Oeillade 2006
Dom. Beau-Thorez
Nez de fruits noirs intenses (cassis, mîre) et notes florales (violette). Un peu vulgaire. Le fruité se retrouve dans la bouche simpliste. Très moyen

Ribeyrenc (ou Aspiran) 2005
Dom. Thierry Navarre
Robe rouge clair, marquée par une certaine évolution (bordure orangée, brune)! Nez animal (crottin de cheval) et de géranium. Evolue sur la marinade de gibier. Etrange (problème de bouteille?). La bouche est par contre très harmonieuse avec une pointe de violette. 35 hl.ha sur schistes. Moyen +

Assemblage de 7 cépages 2003
Dom. Henry
Robe rouge clair. Nez réductif avec notes de cirage. Evolue sur l'orange. Bouche basée sur un duo acide / épices. Finale rustique qui rappelle le 1er nez. Moyen

Conclusion: une dégustation pas très convaincante mais qui avait au moins le mérite de nous faire découvrir des cépages rares ou rarement vinifiés seul.



Crise viticole et reforme de l’OCM – l’espoir renait a Montpellier

Le forum participatif Vignerons d’Europe organisé par Slow Food ® a réuni à Montpellier 500 vignerons européens les 14 et 15 avril dernier. Ce ne fut ni un nième salon entre producteurs et consommateurs, ni l’occasion de faire la promotion de telle ou telle région viticole.

Cet événement est au contraire à inscrire dans la démarche Slow Food des communautés nourricières, au même titre que Terra Madre a réuni fin 2006 5000 agriculteurs du monde entier pour échanger leur savoir-faire et développer un réseau économique alternatif à celui des grands marchés internationaux.

Vignerons d’Europe fût le théâtre de rencontres informelles et amicales et a abouti à un document de travail « Les terroirs et les vignerons au cœur de la réforme de l’OCM », disponible pour commentaires pendant 30 jours sur vigneronsdeurope.com. Il sera ensuite distribué à tous les parlementaires européens et à la Commission. « Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas » a déclaré Carlo Petrini, président de Slow Food.

Le cœur des débats à Montpellier a porté sur la notion de terroir. Si la notion de terroir est née comme une aire géographique de production, il est indiscutable qu’aujourd’hui cette définition doit être étendue au travail de l’homme qui façonne cette terre dans sa recherche continue d’identité, d’originalité, voire de sacralité. Aux dires de Jean-Michel Deiss, viticulteur en Alsace, exprimer un terroir, c’est savoir se mettre à son service et « apprendre à la vigne la langue du sol ».


« Faire un bon vin c’est donner son âme »
(Sabine Bonveau, viticultrice)


Et Carlo Petrini de conclure, pour que l’agriculture soit un des piliers stratégiques de notre ère post-moderne (où le pouvoir de la communication dépasse celui de la production), elle doit se doter de culture et de communication. Ainsi seulement les vignerons pourront déterminer le goût et ne s’effraieront plus des modes changeantes des consommateurs.

lundi, avril 16, 2007

Alsace et Viticulture Bio: je t'aime, moi non plus !

L'Alsace n'a pas fini de me dérouter. D'une part, l'Alsace est à la pointe de la viticulture bio (5% de ses surfaces viticoles contre 3% au national), est dotée du seul centre de formation sur la biodynamie et est le berceau d’associations bio majeures (Tyflo, Vignes Vivantes). D'autre part, l'Alsace est à la pointe des recherches OGM sur la vigne. L'INRA de Colmar est le seul centre en France à poursuivre de telles recherches. Alors que les OGM sont massivement rejetés par l'opinion publique française, j'ai voulu en savoir plus.

Les OGM à Colmar

Dans le cadre de la recherche de méthodes de lutte contre les viroses de la vigne, l'INRA de Colmar a repris ses expérimentations « en plein champs » de vignes OGM. Celles-ci sont situées à seulement deux kilomètres de l'aire AOC.

Ces recherches ont débuté en 1994. Suite à un mouvement général de contestation, elles ont dû être arrêtées en 2000. Après des concertations contestées, des porte-greffes OGM ont été replantés en juin 2005. L'INRA se défend qu'il n'y aucun risque de contamination car les vignes OGM sont sous haute surveillance et hors du vignoble historique.

Les OGM décortiqués...

Le principe est de faire exprimer un gène, dit gène d'intérêt, hors de son contexte : du monde animal vers le monde végétal, d’un organe source à un organe cible par la modification de signaux, véritables interrupteurs entourant le gène, le rendant actif ou dormant.

C'est ainsi que dans le cas de la vigne, le virus du court-noué a été injecté à des souris. Après avoir extrait le gène responsable de la production des anti-corps de la souris, il a été transféré à des cellules de porte-greffe de vigne par l'intermédiaire d'agrobactères (des bactéries ayant la capacité de transférer son matériel génétique dans la cellule hôte et de le faire se reproduire), ou par bombardement d'un canon à microbilles contenant le gène.

Et le principe de précaution?

De telles manipulations pour se défaire de millions d’années d’évolution vont inévitablement engendrer de nouveaux problèmes. Non seulement le virus du court-noué est un problème peu répandu dans le vignoble alsacien, mais il n'existe pas dans la vigne à l'état sauvage.

Il est temps d'appliquer le principe de précaution avant de poursuivre des expérimentations in situ ou plus cachées (comme celles sur les levures OGM). Bien sûr, il est très difficile de faire arrêter la recherche mais la viticulture doit défendre une agriculture bio, seule voie pour produire de grands vins de terroir.

mercredi, avril 11, 2007

Visite au Domaine Marc Tempe a Zellenberg (68)

Reçu très chaleureusement pendant 3h par Marc Tempé, ce domaine de 8ha est fondé en 1993. Marc aura passé au préalable 11 ans à l'INAO et décida un beau jours de faire du vin pour se faire plaisir. Il produit aujourd'hui des vins comme il aime et refuse de céder à la pression des modes des consommateurs (marketing de la demande). 90% des vins sont exportés (c'est le 3ème exportateur en Alsace au Japon!). Le domaine est en biodynamie depuis 1996.

La vinification
En moyenne les vins sont élevés 2 ans en foudre. Des essais de barrique sont faits sur les Riesling (et bien sûr sur les Pinots), avec 1/3 de fûts neufs. Le pressurage pneumatique est géré quasi complètement manuellement avec des pressions faibles (2/3 des jus écoulés avec une pression à 0.2 bar!). Une des grandes particularités du domaine est qu'aucun vin n'est filtré. Du coup, les vins sont troubles en bouteille (mais aucun impact gustatif). La vinification est instinctive et aucune mesure analytique n'est effectuée (sucres résiduels, acidité..). On laisse les vins trouver leur propre équilibre par des fermentations très longues. Le SO2 est géré au plus juste (sulfitage au pressurage et puis seulement à la mise en bouteille avec des doses types de SO2 libre autour de 30 mg/l et SO2 total oscillant entre 80 et 150 mg/l).

La viticulture
Il y a une recherche d'une grande maturité pour tous les vins (min 12.5% à 13% acquis) La viticulture est aussi peu interventioniste. Un labour profond est effectué en automne. Bien sûr aucun desherbant ni produit de synthèse n'est utilisé. Là encore on laisse les sols trouver leur structure. Aucune herbe ni céréale d'hiver n'est planté. Pas de traitement au cuivre, mais utilisation de préparats byodinamiques (tisane de prèle, osier...). La dynamisation des préparats est faite manuellement.

Marc aime son métier et sait faire partager sa passion. Dans un respect de la nautre, il laisse les vins trouver leur propre équilibre, meilleur garant pour produiree des vins de garde et les protéger dans le temps. Les vins ont une tenue à l'air remarquable. Certains vins dégustés étaient ouverts depuis 15 jours voire 1 mois sans être marqué par une quelconque oxydation.

Notes de dégustation
Après avoir dégusté 4 vins sur foudre (Pinot blanc 2006, Auxerrois VV 2005, Riesling Zellberg 2006 et Riesling 2005), vins encore assez marqués par l'élevage, passage dans la salle de dégustation pour une belle série de 13 vins...
  1. Sylvaner 2001
    1er nez pas très net puis notes fumées et citronnées. bouche très vive et minéral, fumé. Finale saline qui met en appétit. Bien

  2. Pinot Blanc Zellenberg 2004
    Son meilleur PB d'après Marc. 1er nez dense mais un peu fermé, fruits mûrs (poire). Bouche sèche et minérale. 2.5 ans d'élevage. Bien

  3. Roses Sauvages 2005
    Un Pinot Noir de presse, de couleur rose très clair. Nez marqué par la volatile (colle scotch). Une bouche acide avec des notes d'amande amer. Peu de matière. Moyen

  4. Pinot Blanc Priegel 2001
    Bouteille ouverte depuis 15 jours! Nez marqué par des notes beurrées, caramel. Pointe d'oxydation, puis notes mentholées. La bouche est ronde et grasse avec une belle acidité. finale grillée un peu trop marquée. Bien

  5. Riesling Graffenreben 2002
    1er nez pas net (herbes de cuisine, aspérulle) puis noyau de cerise. La bouche est marquée par les sucres résiduels et l'amertume. Moyen

  6. Riesling Grand Cru Mambourg 2001
    Bouteille ouverte depuis le 04/03! Issu d'une vendange à 70% botrytisé, ce nez a du mal à s'ouvrir (ne présente aucune note d'oxydation. Incroyable!). La bouche est encore marquée par les sucres résiduels mais une belle acidité prend le relai. J'aurais aimé un corps un peu plus présent. Moyen+

  7. Roselberg 2004
    3/4 Gewurztraminer; 1/4 Pinot Gris. Nez puissant de rose et pipi de chat. Bouche assez sèche avec une bonne acidité. Finale un peu déroutante sur l'amertume et le métallique. Terroir riche en oxyde de fer. Rendement 25 hl/ha. Moyen

  8. Riesling Grand Cru Mambourg 2003
    Passé en barrique (1/3 fût neuf) pendant 3 ans. Nez légèrement oxydatif, avec des notes de cire, résine et de beurré. Bouche très riche et grasse; trop marquée par l'élevage (boisé trop m arqué). Finale minérale. A garder. Bien

  9. Gewurztraminer Vieilles Vignes 2003
    Nez typique de Gw (rose, litchi). Puissant. Attaque sucrée mais superbe relai acide. Elevé 2.5 ans en foudre. Bien

  10. Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2000
    Nez marqué par des notes de caramel. Bouche très barriquée (2.5 ans de barrique avec batonnage). Belle acidité. Moyen+

  11. Pinot Gris Zellenberg VT 2001
    Nez dominé par la volatile (colle scotch) et le boisé. Attaque sucrée en bouche (mais le vin reste digeste). Par contre, boisé et toasté trop marqués. Moyen

  12. Pinot Gris Grand Cru Schoenenbourg VT 2000
    Nez toasté, fumé. bouche dominée par les sucres résiduels, le gras. Notes fumées et de nouveau bon niveau d'acidité. Moyen+

  13. Gewurztraminer Grand Cru Furstentum VT 1999
    Nez de vieilles roses et beurré, lacté. Attaque grasse en bouche, assez lourd et finale amère. Moyen

mardi, avril 03, 2007

Visite au Domaine Lucas Rieffel a Mittelbergheim (67)

Première visite au Domaine Rieffel à Mittelbergheim. Accueilli chaleureusement et avec beaucoup de franchise et de transparence par Lucas, nous avons pu visiter l'ensemble des caves de vinification et d'élevage. Le domaine lancé en 1996 couvre 9.5ha. Ses Grands Crus phares sont le Zotzenberg et le Wiebelsberg. Le domaine adhère à l'association bio Vignes Vivantes et est en reconversion bio (aucun timing n'est cependant encore arrêté). Lucas achète un compost de grande qualité à la ferme de Truttehausen et met un accent particulier sur le travail en vigne (maitrise des rendements) pour atteindre une bonne maturité. La vinification est la moins interventionniste possible, même si cette année des levures exogènes ont été utilisées (Lucas est tout simplement transparent sur ses pratiques et n'essaie pas de nous vendre une vinification idéale que nul ne suit en réalité).

Eleve et admirateur d'André Ostertag (il y a fait un stage à l'âge de 16 ans), Lucas se lance dans des essais d'élevage en barrique pour ses Pinots (Gris et Blanc).

Après 11 vendanges, Lucas a pris conscience que l'on ne peut pas faire uniquement des vins pour soi-même mais qu'il faut aussi savoir écouter ce que veulent les consommateurs (la célèbre marketing de la demande). C'est pourquoi, par exemple, il laisse des sucres résiduels dans ses Gewurztraminer car il a constaté que les vinifier sec ne se vendait pas.

La gestion du SO2 est au plus juste avec des sulfitages sur vendange typique de 1 à 2 g/hl seulement. Rien n'est défini par avance et les choix viti-vinicole semblent être faits dans la plus grande sérennité.

Suite à sa rencontre avec Jean-Christophe Bott, Lucas a opté pour des pressurages pneumatiques longs (entre 6 et 12 heures) et qualitatifs (même si on peut encore émettre un bémol sur les niveaux élevés de pression max utilisées: de 1.6 à 2 bar).

Notre visite s'est terminée par une dégustation de 8 vins:
  1. Pinot Blanc 2004 - 4.80€
    Aromatique sur le beau fruit simple (poire). En bouche, sec, droit. Finale amère qui met en appétit. Bien

  2. Pinot Blanc Gebreit 2004 - 7€
    Terroir de granit vinifié à part. Encore assez fermé au nez. En bouche, même si ce vin sec a fait sa malo, il conserve une belle acidité mûre, un beau gras (dû à l'élevage en barrique et au batonnage) et une longueur sympathique/ Moyen +

  3. Auxerrois Vieilles Vignes 2005 - 6.50€
    Nez intense de beaux fruits mûrs, croquants. Très belle matière en bouche. Un beau vin sec. Bien

  4. Pinot Noir Nature 2005 - 7€
    Ce vin sans soufre (sauf les 1 à 2g/hl sur vendanges) est clairement inspiré de son ami Patrick Meyer à Nothalten (Domaine Julien Meyer). Au nez, notes fumées mais où le fruit est cruellement absent. La bouche est dominée par une vive acidité et le boisé. Moyen

  5. Pinot Noir Runz 2004 - 8€ environ
    Parcelle au pied du GC Zotzenberg. Terroir marneux. Elevage d'un an (comme le PN Nature) avec 50% de barrique neuve. Le nez est dominé par le boisé et le poivron vert. En bouche, un vin archi-concentré, épicé, pas encore fondu. A garder. Moyen

  6. Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2005 - 10€
    Le seul grand cru en Sylvaner dans toute l'Alsace. Sur des vielles vignes de 40 à 50 ans, ce vin s'ouvre sur un fruit croquant. La bouche est surprenante: ronde, riche, peu acide et tannique. Ce vin a fait sa malo (notes de caramel). On s'attendrait à un vin rectiligne et on trouve un vin sphérique. Une curiosité. Moyen +

  7. Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2004 - 12€
    Terroir sablo-gréseux. Nez fin et discret. Notes d'agrumes. En bouche, le vin se révèle dense avec une attaque douceâtre (10g/l), la première du genre dans notre dégustation. Très belle acidité mûre, mais finale légèrement râpeuse. Moyen +


  8. Pinot Gris Barrique 2002 - 20€
    Terroir proche du Kirchberg de Barr. Lieu-dit nommé La Colline aux Escargots. Elevage de 18 mois sur lies totales! Notes beurrées et de bonbon anglais au nez. Une bouche dotée d'une trame acide impressionante, enveloppée dans le toasté de l'élevage barrique. La bouche reste parfaitement fraiche en finale. Un régal mais le prix reste à mon sens excessif. Bien
ça m'a fait bien plaisir de gouter des vins d'Alsace avec une bonne concentration (je n'en peux plus des vins dilués dus à de trop forts rendements hl/ha) et découvrir un domaine avec une entrée de gamme impeccable. Un domaine à suivre.