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mercredi, octobre 29, 2008

Le vin au naturel

Je vous recommande vivement la lecture du excellent ouvrage de François Morel, rédacteur en chef de la revue LeRouge&LeBlanc:

Le vin au naturel
François Morel
Editions Sang de la Terre

Ce livre fait avec rigueur et pédagogie le point sur ce qu'est un vin "naturel". Si il existe des cahiers des charges pour une viticulture biologique ou biodynamique, en revanche la démarche des vins dits "naturels" qui s'étend tout logiquement aux travaux en cave n'a pas été abondamment documenté.

En faisant témoigner directement des viticulteurs comme Pierre Overnoy ou Marcel Lapierre ou des acteurs du monde du vin (Michel Le Gris, caviste, ou Max Léglise, Jules Chauvet) ce livre passe en revue de manière très vivante et claire les bonnes pratiques en matière de mode cultural, d'une vinification interventioniste au minimum (gestion des fermentations, du soufre..) et offre une aperçue utile des acteurs clés du vin "naturel" (Association des Vins Naturels, SEVE, Renaissance des appellations, Divinomnivore, Vignerons Triple A, Salon Vini Secondo Natura, VinNatur...).

Le livre épingle aussi au passage les dégustations d'agrément AOC qui nivèlent par le bas la production en privilégiant une typicité illusoire au détriment de l'originalité intrinsèque des vins de terroir. Il paraitrait plus judicieux de certifier en amont la production d'un domaine viticole à toutes les étapes de la viticulture et de l'oenologie. Ce serait le meilleur garant d'un produit authentique, digne d'être en AOC.

Enfin et surtout, bien loin de l'idée de donner des recettes prêtes à l'emploi, ce livre nous incite à réfléchir à chacun de nos choix (consommateurs, dégustateurs, vignerons...) et à militer pour préserver la grande diversité des vins de terroir.

samedi, août 02, 2008

Le vignoble de Durbach

Petit détour par la Forêt Noire (Allemagne) dans le vignoble entourant le charmant village de Durbach.

A à peine 40 minutes de Strasbourg, immersion dans un petit coin de paradis aux collines arrondies, douces et vertigineuses. Quand on parle de verticalité, le vignoble alsacien n'a qu'à bien se tenir !

Les vignes sont magistralement bien entretenues; la précision des alignements digne des pyramides en Égypte ! C'est l'emprise de l'homme sur la nature dans sa plus haute expression.

Par contre, les rendements ont l'air plutôt élevés: estimation rapide in situ autour de 90 hl/ha avec une densité à l'hectare autour de 5000-6000 pieds. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de déguster les nectars de ce paradis topographique, mais ce n'est que partie remise.

trace d'un chenillard sur une pente abrupte

feu d'artifice de courbes

mardi, mars 25, 2008

C. Bourguignon de passage en Alsace

Dans le cadre de la semaine sans pesticides, Claude Bourguignon, microbiologiste des sols, a donné ce soir une conférence-débat à la Chambre d'Agriculture du Bas-Rhin à Schiltigheim sur le thème des BRF (Bois Raméal Fragmenté).

Si on comprend l'intérêt des BRF pour la remise en état d'un sol complètement mort du point de vue biologique et du rôle fondamental d'un apport de carbone (C) pour relancer l'activité biologique des sols (par une relance du processus d'humification sous l'action des champignons au détriment de la minéralisation bactérienne), on prend conscience que c'est un véritable changement de mentalité qui est nécessaire.

En effet, le sol n'est pas un substrat neutre auquel on peut faire subir impunément le cercle vicieux engrais (N, P, K) + pesticides, mais un être vivant qui recèle près de 80% de la masse des être vivants sur terre ! Et c'est en ajoutant du carbone que l'on peut relancer dans certaines conditions ses cycles de vie. Quelle remise en cause du tout engrais, qui part un assistanat limité à trois éléments seulement (faisant fi du besoin de la plante en d'innombrables oligoéléments), crée un afaiblissement du vivant et un besoin croissant en pesticides.

Ce qui est fascinant chez Claude Bourguignon, c'est sa transversalité et son pragmatisme. Il peut aussi bien parlé avec le monde de la recherche scientifique (il est un ex de l'INRA), qu'avec les agriculteurs de tout horizon (de la plus petite propriété bourguignonne à la ferme la plus grande du monde couvrant 1.5 million d'hectares en Australie !) ou les techniciens/fabricants de matériel agricole. C'est cette capacité d'interface, enrichie par une expérience de près de 30 ans sur les terres du monde entier, qui le rend unique et indispensable.

Son constat est alarmant: nos sols sont morts. Comprendre que le sol est devenu le facteur limitant des rendements agricoles et de de notre capacité à nourrir la planète est la prise de conscience que nos politiques devraient faire très rapidement. Espérons que ces derniers pourront enrichir le débat sur le réchauffement climatique, les problèmes d'énergie et d'eau par un débat approfondi sur la vie de nos sols. L'avenir agricole et donc alimentaire de la planète en dépend...

vendredi, décembre 14, 2007

Effet Terroir, rien de tel qu'écouter... les Bourguignon

Non, non il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre.

Je fais référence aux microbiologistes des sols, Claude et Lydia Bourguignon du LAMS (Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols).

L'émission "Terre à Terre" de France Culture du 8 décembre 2007 est vraiment passionnante. Pendant une heure, on boit les paroles des deux spécialistes de la vie des sols et prend notes de leurs conseils éclairés pour une viticulture de terroir.

Rien de tel pour appréhender tour à tour la complexité de la structure et la vie des sols, le classement des terroirs en fonction de leur qualité intrinsèque (notamment la qualité de leur argile), la limitation des porte-greffes américains adaptés au sol acide (alors que nos sols en Europe sont majoritairement calcaire), les effets du réchauffement climatique sur le déficit de maturité phénolique des vins (qui ont besoin des nuits fraîches pré-vendanges), les règnes animal + végéal + des champignons, les BRF ou bois raméal fragmenté, qui apporte efficacement la lignine aux champignons qui eux seuls sont capables de la transformer en précieux humus "molécule organique la plus complexe du monde" (l'équilibre agro-silvo-pastoral), la minéralisation de la matière organique par les bactéries du sol, la dégustation tactile ("un vin se tâte!") et enfin le grand potentiel des terroirs de Nouvelle Zélande....

Bref une émission qui ouvre la voie à des tonnes de questions, à des questionnements et des émerveillements sur les équilibres de la nature et la profondeur métaphysique de la viticulture.

Pour écouter l'émission, cliquez ici.
Emission (c) France Culture "Terre à Terre" du 8 décembre 2007

lundi, août 27, 2007

La vigne mois apres mois en Alsace...

Petit carnet photographique de l'évolution de la vigne au cours des saisons...

Fin janvier / début février:


Début mars:


Mi-avril:


Début Mai:


Fin Mai:
24/05

28/05

Juin:
6 juin

12 juin (Muscat d'Alsace)

21 juin (Muscat d'Alsace)

(25 juin)

Juillet:


6 juillet (Muscat d'Alsace)


Août:

10 août(Muscat d'Alsace)


Pinot Gris



27 Août (Muscat d'Alsace)

Pinot Gris

dimanche, juin 24, 2007

Les dégâts de la grêle du 20 juin

Petit promenade à vélo sur les Grands Crus aujourd'hui. Nous avons pu constater avec horreur les dégâts de l'orage de grêle qui s'est abattu sur les alentours de Colmar dans la soirée du 20 juin dernier. Voici une série de photos prises sur le Grand Cru Mambourg, images que l'on n'aimerait voir moins souvent...













La taille des trous sur les feuilles laisse imaginer la taille des grêlons... Quel désastre!

jeudi, juin 14, 2007

Palissage et rognage

La météo s'embale et les travaux de la vigne courent. Les viticulteurs sont en plein palissage et même rognage pour certains (ce qui ne me semble pas très judicieux car il faudrait le faire le plus tard possible en saison afin de limiter la poussée des entre-coeurs et de vert-jus virulents).

mercredi, mai 02, 2007

Ebourgeonnage

J'ai eu la grande joie de me joindre à l'équipe d'ébourgeonnage! Le mal de dos n'est pas sans rappeler celui pendant les vendanges. La technique consiste à essayer de laisser 3 pousses partant de la tête de saule (2 baguettes et 1 courçon), d'éliminer les doubles pampres ainsi que ceux qui sont mal orientés (vers le bas, entassement de végétation).

C'est un travail intéressant car on conditionne de façon assez précise la récolte et la future taille d'hiver...

Alors voici comment ça se passe:


A gauche: avant et à droite: après!
Il est fortement recommandé d'avoir une expérience dans la taille d'hiver pour bien ébourgeonner.

mercredi, avril 18, 2007

Que fait-on dans les vignes en... avril

Lundi 16 avril

Arrachage pieds de vigne après le délai d'un mois. Tracteur sur-puissant qui soulève les pieds de terre et va les chercher à près de 60cm sous terre.








Fin de matinée consacrée à sortir du bois à la fourche de parcelles trop vigoureuses.

Après-midi, décrochage de fil de fer de piquets métalliques pour préparer leur remplacement par des piquets bois




Mardi 17 avril


J'ai planté des centaines de piquets bois toute la journée. Heureusement avec l'aide d'une machine révolutionnaire (photo de gauche). Mais je ne vous raconte pas les coups de soleil et la tête en compote!

En effet, cette belle machine ressemble un peu à un certain marteau-piqueur, bruit et vibrations compris :-)

La vigne pousse a vue d'oeil. Déjà au stade 3 feuilles étalées. J'ai même commence une partie de l'ébourgeonnage sur le pied de vigne (tous les bourgeons sous le 1er fil de fer)! A ce rythme là on vendengera en juillet!

Jeudi 19 avril

Et bien après avoir planté des piquets bois et décrocher les fils de fer des anciens piquets, il a fallu déterrer les piquets métalliques et les sortir de la parcelle! Yoohoo!! Le tout heureusement avec l'aide d'un tracteur, d'une potence artisanale et d'une chaine. Ca nous a quand même pris toute la journée.

Dans certaines parcelles, les sols ont souffert d'un manque d'eau pendant l'hiver et surtout d'une absence de gel qui fait éclater les grosses mottes de terre et contribue à améliorer la structure du sol.




Vendredi 20 avril

Je finis en beauté. Après une matinée assez cool à sortir des piquets métal d'une parcelle et à fixer des "porte-manteaux" pour les deux fils baladeurs de palissage, j'ai passé l'après-midi à piocher pour désherber et dégager autour des jeunes vignes sous le rang. Un travail nécessaire car toute cette flore asphyxie le jeune plant. Par contre, j'ai le dos et les mains en compote!