vendredi, janvier 29, 2010

Rhône 2007... à vos cartons!

En cette soirée d'hiver sous la pluie et les basses pressions atmosphériques, je m'apprête à toucher du nez et de la langue le millésime 2007 en Rhône Sud et Nord.

Les 11 convives sont réunis autour de la table de Jean_Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau. Le rideau s'ouvre sur une série de 9 rouges et un blanc que nous dégusterons à l'aveugle. La plupart des rouges ont été carafés pendant 4-5 heures. vos cartons, prêts, emballez!

  1. Coteaux du Tricastin 2007 Cuvée La Truffière - Domaine de Grangeneuve (13.90€)
    Le 1er vin est toujours un peu difficile lors d'une dégustation, mais celui ci se présente aujourd'hui tout particulièrement sous un jour austère. Ce 100% à 12.5% d'alcool pointe bizarrement son alcool au nez qui est globalement peu expressif et la bouche est toute chamboulée avec une acidité mise en avant, une amertume finale dominante. Des petits fruits noirs (mûres) pointent timidement le bout de leur queue! Bref, à garder et à regoûter par une journée d'hiver ensoleillée dans 2 à 3 ans. Moyen+

  2. Côtes du Rhône 2007 - Coudoulet de Beaucastel (15€)
    30% Grenache; 30% Mourvèdre; 20% Syrah; 20% Cinsault
    ça y est, on entre dans le vif du sujet! Nez envoûtant c('est parti pour une longue série sur ce registre!) avec des notes fines animales et fumées enrobées d'un soupçon de poivre. L'attaque en bouche se fait sur la sucrosité du grenache, mais la complexité est là: épices, pruneaux, chocolat noir. Les tanins sont présents (30% Mourvèdre) mais enrobés. La finale fait pointer un cachou l'alcool mais l'ensemble est convaincant. A garder 5-8 ans. Bien

  3. Vacqueyras 2007 "Les 2 Monardières" - Domaine de la Monardière (13.90€)
    70% Grenache; 30% Syrah
    Les vignes de Grenache de 40 ans s'expriment olfactivement tout en finesse avec un nez qui "pinote" à souhait, un nez profond qui invite à la méditation. La bouche est en contraste avec le nez. Pas moyen de se tromper, nous ne sommes plus en Côte de Nuits ici! La Syrah amène sa touche de poivre, l'alcool offre un crescendo en bouche laissant celle ci sèche en finale. A garder 3 ans. Moyen+

  4. Vacqueyras 2007 "Vieilles Vignes" - Domaine de la Monardière (19.50€)
    60% Grenache; 20% Syrah; 20% Mourvèdre
    ZE coup de coeur / découverte de la soirée! Les vieilles vignes de Grenache (60 ans) ouvrent le bal avec des notes animales "nobles" qui s'affinent encore et encore à l'aération. Le nez est complexe et invite à s'y attarder longtemps. La bouche offre une maîtrise totale de ces composantes avec une fraîcheur exceptionnelle. Je craque sous le toucher des tanins fins du Mourvèdre enrobés dans les vieux Grenaches. aucune fausse note. Respect. Un vin qui se goûte déjà si bien aujourd'hui qu'il va être dur de le garder en cave. Très Bien

  5. Gigondas 2007 "Terrasse du Diable" - Domaine des Pallières
    90% Grenache; 5% Mourvèdre; 5% Cinsault
    1er vin d'une série de trois vins de la famille Brunier avec son style concentré et puissant. Un nez qui offre des notes végétales (rafles?) et herbes aromatiques (estragon, basilic). Assez atypique. Par contre, en ce qui me concerne grosse claque en bouche: notes de Porto combinées à des tanins asséchants. Le réglisse et les épices ont du mal à me faire oublier ce côté Porto. A garder en espérant que tout se mette en place. Aujourd'hui ce n'est pas mon style de vin (vive la fraîcheur et la finesse!). Moyen-

  6. Châteauneuf du Pape 2007 - Domaine de la Roquète (28€)
    70% Grenache; 20% Syrah
    2ème vin de la famille Brunier. Le nez rappelle avec délice le Vacqueyras VV pour sa fraîcheur et sa minéralité. Après aération, sucrosité/alcool débarquent ainsi qu'une note de végétal (rafles?). Ce qui impressionne en bouche c'est une longueur phénoménale. On repartirait avec ce vin en bouche presque jusqu'à Strasbourg! Par contre, la sucrosité du Grenache et la puissance en alcool envahissent vite la bouche et viennent masquer un peu trop vite le beau toucher de bouche de ce vin très sensuel, souple et généreux. Pour amateur de vins de style puissant. A garder please! Bien

  7. Côte Rotie 2007 "Champin le Seigneur" - Domaine Jean-Michel Gérin (36€)
    Yes, yes and yes! La classe! Rien à dire ce vin est mythique et il va être impossible de repartir sans sa ration obligatoire de survie! Quel nez envoûtant avec son univers de fumé fin et de notes animales. La violette de la Syrah vient combler notre bonheur. La bouche impressionne par son acidité rectiligne magistrale qui offre une salivation saline en finale géniale. Les tanins sont d'une finesse merveilleuse. Les grands vins impressionnent toujours autant par leur capacité à se goûter si bien jeunes. A garder 5-6 ans. Grand

  8. Châteauneuf du Pape 2007 - Domaine du Vieux Télégraphe (46€)
    65% Grenache; 15% Mourvèdre; 15% Syrah
    Dernier vin de notre série de la famille Brunier pour ce soir. Nez assez discret voire fermé avec quelques herbes aromatiques. Evolution sur des notes lactées / caramel mais aussi et surtout de belles notes d'écorces d'orange. En bouche, c'est parti pour un surplus de matière et de watts! On est bien dans le style Vieux Télégraphe. Pour les adeptes de vins plus plus, mais qui se goutera sûrement très bien après quelques années de cave. A garder (absolument). Bien-

  9. Châteauneuf du Pape 2007 - Domaine de Beaucastel (58€)
    Encépagement atypique avec 30% Grenache, 30% Mourvèdre, 10% Syrah...
    Un nez qui se présente en bloc et globalement un peu fermé. Toutefois, on renifle de belles choses: pierres chaudes, grillé, romarin. Une bouche qui s'ouvre en grand très grand pour se resserrer vite autour d'une finale un peu dure et amère à ce stade. L'alcool doit encore se fondre. A garder. Bien

  10. Meursault 2007 "Les Tillets" - Domaine Roulot (54€)
    Quel bonheur de finir sur un blanc après de telles rencontres tanniques! Et pas n'importe quel blanc svp! Un Meursault d'une très grande classe. Le nez est délicatement marqué par l'élevage avec des notes fines de vanille et de grillé. Mais rien d'excessif ici. Tout est en finesse. Des notes citronnées prennent le relais et font la transition avec la bouche tout en fraîcheur (effet millésime?) avec une colonne acide toute rectiligne qui nous porte bien loin. La grande classe. Dommage que ces vins soient si rares et si inaccessibles. Très Bien

Conclusion: Je retiendrai que le grenache donne une couleur moins soutenue que la Syrah et outre sa puissance et sucrosité légendaires peut sur des vieilles vignes "pinoter". Seule la bouche permet alors de faire la différence avec un bourgogne. Autre enseignement: par journée de basse pression atmosphérique (celà fait dégazer les vins), certains vins peuvent se goûter assez mal (comme La Truffière).

samedi, octobre 24, 2009

Retour au domaine Laurent Barth (Bennwihr)

Promesse avait été prise en janvier dernier (lire ici) de retourner déguster les 2008 en bouteille. A l'heure où blanchit la campagne, nous partîmes....

Accueilli en toute simplicité, zénitude et les bras ouverts par Laurent Barth, nous allons d'abord faire un tour dans les chais pour inhaler les vapeurs de CO2 qui se dégagent des foudres en pleine fermentation alcoolique. Les glou-glou battent de tout leur plein dans une symphonie de tonalités allant du grave à l'aiguë.

On quitte les chais le cœur léger et en rythme.!15 vins du millésime 2008 nous attendent dans la salle de dégustation attenante.

Rouges, rien ne bouge...

On se fait la bouche avec les deux cuvées de Pinot Noir: Pinot Noir (10€, 100% éraflé) et Pinot Noir "M" (12€, issu du GC Marckrain, 80% éraflé). Le premier est tout à fait dans l'esprit des Pierres Chaudes du Domaine Julien Meyer (vin gourmand sur le fruit à boire entre copains à l'apéro autour d'une nappe à carreaux!). Le deuxième est un pinot noir de terroir qui offre des notes épicées (poivre) et qui a une masse tannique plus imposante. Un vin à garder 2 à 3 ans.

Blancs, haut les mains!

Le ballet des blancs s'ouvre avec Racines Métisses (5€, épuisé), l'edelzwicker gourmand de la maison. Le Pinots d'Alsace (6€, assemblage d'auxerrois + un peu de pinot noir) a été élevé en barrique et s'offre sur un jour plein et onctueux à la finale amère des plus réussie. S'enchaîne un Sylvaner (6€) qui se présente sur la richesse (8 g/l de sucres résiduels) tout en conservant une belle trame acide (la patte du millésime) et les deux Muscats du domaine: Muscat d'Alsace (8€), un régal de pureté d'expression du fruit et le Muscat "Granite" (12€, issu de vignes sur le GC Schlossberg), vin de terroir qui transcende avec joie les expressions variétales du Muscat et qui offre une complexité très intéressante.

Place au trio des rieslings: Riesling (8€), vin de fruit tout en tension et pureté aromatique. Un régal immédiat de gourmandise à servir à l'apéro avec des charcuteries. J'adore! Le Riesling "Vieilles Vignes" (9€) offre un surplus incontestable de corps, voire de tannins mais la trame acide est bien là et vous emmène un cran plus loin. Apothéose avec le Riesling "Granite" (18€, issu de vignes sur le GC Schlossberg), magnifique vin de terroir granitique qui s'articule autour de sa colonne vertébrale acide des plus longilignes. Un superbe vin de gastronomie qui ira loin.

On finit notre parcours par quelques sucres de belle facture. Pinot gris (11€) pour amateurs de vins riches avec des sucres résiduels mais tout en offrant un beau volume et une belle précision aromatique (fruits secs). Gewurztraminer "Vieilles Vignes" (10€), nez discret mais belle bouche ample et typée florale et surtout le Gewurztraminer GC Marckrain (20€ les 75cl; 14€ les 50cl), une VT non revendiquée mais qui allie richesse avec de belles notes acidulées et une amertume divine. Une grande réussite à déguster au coin du feu, peau de bête etc...

Glou-glou, toujours, encore et encore...

Merci encore Laurent pour cette une heure trente que tu nous auras consacrées si généreusement ce matin.

On apprécie toujours autant non seulement ta simplicité, ta sincérité et ta modestie., mais aussi ton ancrage dans les réalités du métier de vigneron qui t'offre le recul nécessaire sur les médias qui voient un peu trop souvent et trop vite dans chaque nouveau millésime une année "exceptionnelle".

Rester les yeux rivés sur tes 3 hectares de vignes et tes oreilles patiemment collées à tes foudres à l'écoute des rassûrants glou-glou est le seul métronome qui compte vraiment pour toi. Ne change pas.

Domaine Laurent Barth
3, rue du Maréchal de Lattre
68630 Bennwihr
Tél/Fax: 03 89 47 96 06


(c) Eric O. pour la photo de foudre

vendredi, octobre 23, 2009

Bordeaux en duo c'est deux fois plus instructif!

La dégustation en duo on aime ça et on remet ça! Après une première expérience des plus enrichissantes (lire ici), Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau nous a proposé 5 duos de Bordeaux à l'aveugle.

A nous de trouver le point commun. Au-delà du jeu des devinettes, c'est une vraie expérience didactique qui nous attend. Ici point de gagnant ni de perdant. Comme si nos sens en duo sont encore plus en alerte quand nous confrontons deux mystères côte à côte.

Duo #1:
  1. Bordeaux Graves Blanc 2001 - Clos Floridène (20€)
    1er nez sur des notes boisées qui s'estompent vite à l'aération pour laisser place à des senteurs d'agrumes (pamplemousse) puis variétales (Sauvignon). En bouche, l'acidité est assez vive mais offre une bonne allonge et une finale grasse. Bien-

  2. Bordeaux Graves Blanc 2007 - Clos Floridène (20€)
    6 ans d'écart et on peut apprécier les progrès faits par Denis Dubourdieu. Si le nez est un peu plus fermé que celui du 2001, il n'en reste pas moins plus complexe (notes mentholées) et sur un registre minéral. L'attaque en bouche est grasse mais laisse place à une belle acidité fine. Une bouche plus large que le précédent. Un vin qui évolué divinement bien dans le verre. A garder. Bien+

Duo #2:
  1. Bordeaux Lalande de Pomerol 2006 - Château La Chenade(17.90€)
    Un vin globalement plus austère que le deuxième qui s'offre au nez sur des notes végétales (rafle, poivron vert) et en bouche sur des notes poivrées enveloppées dans des tanins un peu fermes à ce stade. Cependant, le tout pourra se garder for bien et séduit par sa fraîcheur. Bien

  2. Bordeaux Lalande de Pomerol 2005 - Château La Chenade (18.90€)
    1er nez lacté, boisé et qui développe une certaine sucrosité un peu "tape-au-nez"! La bouche est sur une équilibre haut avec alcool, corps et sucrosité en trio de tête. Je ne succombe au charme séducteur de ce vin, en tout cas à ce stade d'évolution. Moyen+
Duo #3:
  1. Bordeaux Pomerol 2006 - Château Bellegrave (35€)
    On monte d'un cran avec ce duo. Nez très classe, racé et profond. Encore un peu fermé. Évolution sur les fruits cuits (figues) et une pointe d'alcool. Beau dynamisme en bouche sur l'acidité avec une belle finale saline et avec de nobles amers. Bien

  2. Bordeaux Margaux 2006 - Chateau Labégorce Zédé (30€)
    Un cran de complexité en plus dès le nez: végétal noble et mûr, sous-note de réglisse avec évolution sur le cuir et des notes animales envoûtantes. La bouche n'est certes pas encore en place mais tout est là pour la longue garde: masse tannique fine, salinité. A garder. Très Bien
Duo #4:
  1. Bordeaux Pessac Léognan 2004 - Château Smith Haut Lafitte (45€)
    Un duo amical aux sommets! Un nez puissant sur des notes animales, voire sanguines, de poivron pour une bouche en modèle d'équilibre et de suavité: tanins d'une finesse remarquables avec une salivation finale des plus heureuses. On se fait déjà plaisir aujourd'hui. Bien+

  2. Bordeaux Pessac Léognan 2004 - Château Haut-Bailly (45€)
    Un nez plus discret mais plus fin qui gagne en complexité: notes torréfiées, boisé très élégant. Évolution classe sur le poivron. La bouche qui n'est clairement pas encore en place (l'acidité ressort) offre une longueur supplémentaire et un surplus de dynamisme. A garder. Très Bien
Duo #5:
  1. Bordeaux Pauillac 1999 - Château Pontet-Canet (50€)
    Wow! Quel nez! Animal, minéralité (silex), fruits noirs, fumé, poivre. Quelle apothéose! La bouche est aussi grandiose car elle privilégie la finesse sur la densité de corps. On se perd dans la longueur fumée de ce vin remarquable, soutenu en permanence par une fraîcheur des plus justes. Très Bien+

  2. Bordeaux Pauillac 2001 - Château Pontet-Canet (50€)
    Un nez à mon sens plus "rond", sans toutefois négligé sa complexité (animal, poivron, boisé noble) et sa classe. La bouche est plus sphérique le précédent, plus tannique et avec un surplus de densité. Belle finale réglissée. Bien

Conclusion


Les duos encore et encore! J'aurais appris une autre dimension de l'effet millésime. Le millésime affecte bien sûr la maturité, mais aussi et de façon plus surprenante, la structure en bouche du vin. Ainsi dans le dernier duo, le 2001 est clairement sphérique à mes papilles et le 1999 tout en rectilignitude! Grandiose! Une fois de plus la modestie est de rigueur en dégustation. Dame nature a plus d'une flèche à son arc!

samedi, octobre 17, 2009

Bandol la la!

C'est sympa quand Alain H. part en vacances, il pense à nous ramener quelques petits flacons rares dont il a le secret. Et quand Seb se met aux fourneaux, ça donne une très belle soirée Bandol loin des sentiers battus.


Au programme 7 vins à déguster avec un festival de saveurs autour d'un osso bucco revisité version grande finale nationale. Tous les vins dégustés ont des prix très sages (autour de 15€) bien loin des prix des stars de l'appellation. Sommaire....

  1. Bandol 2005 Château Sainte-Anne
    12.5%. On ouvre le bal avec un vin nature qui m'ouvre gravement les papilles. Un premier nez un peu bruit (animal) mais qui s'affine à l'aération. La bouche est fine, aérienne. Passée l'attaque perlante, un beau fruit éclate qui contraste fortement avec les première notes olfactives sauvageonnes. On est sur un corps léger qui s'exprime tout en finesse. A carafer. Bien

  2. Bandol 2004 Terre Brune Cuvée du Trias
    14%. On monte d'un cran en densité olfactive avec des belles notes réglissées. La bouche est sphérique avec une bonne trame acide qui s'exprime sur des notes mentholées. Les tanins sont déjà fondus mais tout est là pour en faire un vin de garde. Un modèle d'équilibre sur la finesse. Très Bien

  3. Bandol 2004 Domaine de la Suffrene
    14.5% L'alcool passe beaucoup moins inaperçu que dans le précédent (pointe d'eau de vie), le tout dans une enveloppe olfactive légèrement compotée (figue, pruneau). En bouche, la masse tanins - alcool passe beaucoup plus mal à ce stade. Difficile d'aller au-delà des Watt à ce stade d'évolution. A garder en espérant que le tout s'assagisse. Moyen+

  4. Bandol 2004 Domaine La Bastide Blanche Cuvée Fontanéou
    14.5%. Un nez frais, discret voire austère. La bouche rappelle Terre Brune avec une expression de fraîcheur sur un équilibre élégant. Un vin encore fermé mais qui séduit par son mystère, sa retenue et sa capacité à intégrer son taux d'alcool (contrairement au précédent). A garder. Bien

  5. Bandol 2004 Château Jean-Pierre Gaussen
    13%. L'alcool persiste comme pour La Suffrene mais ici avec une forte volatile (colle scotch) peu harmonieuse. La bouche est aussi dénaturée par cette même volatile qui masquerait presque la finesse et la belle acidité mûre. Les tanins ne sont pas encore en place. Après une longue aération, une pointe de détente cordiale se fait sentir. A garder. Moyen+

  6. Bandol 2004 Domaine du Gros Noré
    Bouchonné.

  7. Bandol 2001 Domaine de la Vivonne
    15%. Le seul millésime plus ancien de la dégustation. Le vin offre un nez très séducteur avec un bouquet de fruits noirs envoûtants, le tout servi sur du réglisse et des herbes aromatiques. La classe. La bouche prolonge gracieusement le nez avec des tanins veloutés servis sur un long plateau réglissé. Un régal. Très Bien
Conclusion: l'appellation reine du mourvèdre recèle de très bonnes surprises à prix raisonnables. Avouez qu'il serait vraiment dommage de s'en passer!

samedi, octobre 03, 2009

La Romanée-Conti par LeRouge&LeBlanc

Chapeau bas à Frank Sauvey du trimestriel LeRouge&LeBlanc (No.94 Sept-Nov 2009) pour son article mythique sur le domaine de la Romanée-Conti. Voici un tout court extrait où il nous parle de La Tâche et surtout de la "Conti":




Ce n'est pas sans rappeler la définition de « l’infini » de Pascal « un cercle dont le centre est nulle part et la circonférence partout »...

vendredi, juin 26, 2009

Expressions du Languedoc-Roussillon

Tour d'horizon de ce qui se fait de mieux en Languedoc-Roussillon grâce à Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau.

Au programme, pas moins de dix rouges pour se faire une idée des différents styles (qualitatifs) en Languedoc-Roussillon. Appellation en perpétuel renouveau où il est bon d'aller mettre son nez souvent !
  1. Saint-Chinian "Olivier" 2007 - Thierry Navarre - 12.50€
    On commence fort, très fort avec un vin pur gourmandise tout en fruit comme je les aime. Cet assemblage à parts égales entre carignan, grenache et syrah offre un nez croquant de cerises, de fruits rouges, dans un style "nature". La bouche est tout aussi gourmande avec cassis et superbe fraîcheur. Le genre de vin que l'on boit au litre sans s'en apercevoir! ZE vin de copain! Très Bien

  2. Côtes du Roussillon "Le Pilou" 2006 - Olivier Pithon - 21.90€
    A base de vieilles vignes de carignan, on gagne au profondeur avec des notes sanguines. L'attaque est souple et harmonieuse mais l'acidité volatile revient en finale lui donnant une acidité pas très bien intégrée. Attention à la gestion du SO2. Moyen+

  3. Saint-Chinian "Ivresses" 2006 - Canet-Valette - 15.90€
    Ce 90% grenache a un nez qui rappelle le vin précédent: notes animales mais avec un surplus de complexité offert par des épices (cannelle, cumin). La bouche est "plus plus": plus de tanins, plus de matière offrant un ensemble ample, puissant mais maîtrisé. Pour amateur de Watt. A garder. Bien-

  4. Coteaux du Languedoc Montpeyroux "Vent de Terre" 2007 - Domaine des Grécaux - 24.50€
    Mon deuxième coup de coeur de la soirée après Thierry Navarre. Ce 100% grenache offre un nez complexe de fumé (original), de cassis, d'agrumes et de notes florales. Un régal de complexité. La bouche est sphérique, aérienne (la cuvée porte bien son nom!) avec une adéquation parfaite entre matière, fruit et digestibilité. Un vin "fait d'air" qui envoûte, sensuel même si la finale n'est pas encore tout à fait en place. Très Bien

  5. Coteaux du Languedoc Terrasse du Larzac "Les Combariolles" 2006 - Mas Cal Demoura - 21.50€
    Assemblage de syrah, grenache et mourvèdre qui se présente sous un jour de fruits noirs discrets, tabac, violette et un boisé encore marqué. La bouche est soyeuse et dense, les tanins fins et la finale élancée. Bien+


  6. Vin de Pays d'Oc "Le merle aux Alouettes" 2005 - Alain Chabanon - 23€
    90% merlot. 1er nez de banane mais qui évolue vite sur les herbes aromatiques, soutenues par une volatile un peu trop présente. La bouche n'est pas en place: tanins asséchants, acidité marquée (effet volatile?). Une bouche serrée et en recherche d'harmonie. Je me pose une nouvelle fois la question de la gestion du SO2. A regoûter. Moyen

  7. Coteaux du Languedoc Pic-Saint-Loup "Les métairies du Clos" 2006 - Clos Marie - 27.50€
    Majorité de vieux carignan. 1er nez marqué légèrement par la volatile mais qui heureusement laisse vite place à de beaux fruits noirs et de belles notes herbacées nobles tout en fraîcheur. La bouche est à ce stade fermée: tanins et alcool s'entrechoquent. La belle longueur laisse présager d'un bel avenir. A garder. Bien-

  8. Vin de Table "Sylvie" - Domaine Terre Inconnue - 42€
    50% syrah, 50% serrine. Nez intense un peu monolithique sur le cassis. En bouche, on se dit que l'on ne finira pas la bouteille. Les 14% d'alcool font bloc, même si de beaux tanins déroulent tout au long de la dégustation. Puissance mais du potentiel après quelques années de garde. Moyen+

  9. Cotes du Roussillon VIllages "Clos des Fées" 2004 - Domaine le Clos des Fées (Hervé Bizeuil) - 52€
    Vin d'assemblage classique (syrah, carigan, mourvèdre et grenache). Beau nez de café avec notes mentholées, conjuguée à une fine volatile. A l'aération apparaissent le boisé et l'alcool. La bouche est "modern" avec boisé intense, vanillé et les Watt. Vin un peu bluffant mais qui à mon sens manque de personnalité. Je ne succombe pas au charme de ce style. A regoûter dans 5 ans. Moyen

  10. Coteaux du Languedoc "Clos des Cistes" 2003 - Domaine Peyre-Rose - 60€
    Syrah et grenache. Superbe nez complexe: herbes aromatiques, bruyère, animal. Envoûtant! Beaucoup de fruits denses en bouche. Petite note de figue séchée (effet millésime?) en milieu de bouche. Acidité salvatrice, marque d'une viticulture de qualité sur ce millésime caniculaire. Le boisé doit encore se fondre mais la longueur est déjà phénoménale! Bien+

Conclusion: Cette dégustation me renforce dans mes goûts "nature" (Navarre), privilégiant toujours l'élégance aérienne (Grécaux) à la puissance (Canet-Valette, Clos des Fées). Une chose est sûre: en Languedoc-Roussillon, il y en a pour tous les goûts et ce serait trop dommage de faire impasse sur cette région que l'on caricature trop souvent comme le berceau des vins puissants sudistes.

lundi, juin 22, 2009

Vinexpo 2009 c’est (re)parti !

Ça y est ! Le mastodonte est de nouveau en marche ! Vinexpo se tient à Bordeaux du 21 au 25 juin 2009. Quelques chiffres vous donnent l’ampleur du salon : 2400 exposants sur plus de 40 000 m2 de stands ; 48 pays représentés (France, Italie et Espagne couvrant cependant à eux seuls 80% de la surface des stands). On s’attend à voir défiler 45 000 professionnels ; 70 000 bouteilles seront ouvertes (sans modération !) ; 200 000 verres utilisés. Sans parler du désastre écologique de toutes ces brochures papiers jetés sans être lues…

Pour ma part, affronter la bête c’est en tant que journaliste vin que j’arpente les allées à la recherche de vins surprenants et généralement inaccessibles. Des pauses régulières au « Press Centre » permettront de me rebooster et soigner mes crampes !

Je commence mes deux journées sur place par une rencontre-débat inédite : six meilleurs sommeliers du monde réunis dans une même salle pour parler de l’avenir et des défis de la sommellerie dans un monde globalisé et en perpétuelle mutation.

Andreas Larsson (2007), Olivier Poussier (2000), Philippe Faure-Brac (1992), Serge Dubs (1989), Giuseppe Vaccarini (1978), Piero Sattanino (1971) partageront chacun leur vision du métier. Pour Serge Dubs, le sommelier reste avant tout au service du client, un homme de salle de restaurant. A Vaccarini de rappeler les débuts de la sommellerie où le sommelier était en contact direct avec les vignerons de sa région qu’il recevait régulièrement dans son restaurant. Olivier Poussier de conclure sur l’importance de réussir à protéger le nom de « sommelier » afin que quiconque ne puisse user de ce titre sans en avoir toutes les qualifications requises.

C’est ensuite déambuler aux hasards des allées pour aller à la rencontre des Riesling minéraux allemands (très belle définition et pureté), des vins brésiliens (caricature d’un style qui se perd dans une hyper-modernité au style boisé et alcooleux), des vins turcs (en recherche d'identité entre une viticulture avec des cépages internationaux vinifies par des oenologues français comme Stéphane Derenencourt et un ancrage dans les cépages locaux et les vignes pluricentenaires qui n'ont pas besoin d'irragation comme conseillé par Claude et Lydia Bourguignon).


Enfin, c’est un retour aux classiques avec la dégustation en primeur des Grands Crus Bordelais 2008 (Giscours caracolle en tete) et la (re)découverte d’un cépage souvent dénigré : la Barbera. Animé d’un nez de maître, Bernard Burtschy nous initie à la complexité, à la mutation de la Barbera au fil du temps et à sa capacité à faire de grands vins de garde.

Quelle multitude de styles entre :

• une Barbera pur fruit (cerise, framboise) d’une remarquable buvabilité (ses 14.5% d’alcool passe littéralement inaperçu) comme la Barbera d’Asti DOCG « Carbuné » 2008 de Franco Roero ;
• une Barbera plus dense et profonde, cistercienne, voire austère, parcourue par une trame acide fine et tranchante aux délicates notes végétales et poivrées comme la Barbera d’Asti DOC 2007 de La Cantina Sociale Barbera d’Asti dei Castelli ;
• une Barbera magistrale, tout en complexité et fondu où soyeux, harmonie d’un boisé parfaitement intégré et toucher de bouche vous font frissonner de plaisir tout en retenue comme dans la Barbera d’Asti DOC Superiore « Sei Vigne Insystesis » 2004 de la Cantina Sociale di Vinchio Vaglio Terra

Vous l’aurez compris, Vinexpo reste un rendez-vous incontournable pour le commerce mondial des liquides glycéroleux et ces quelques jours intenses où la planète vin vibre autour d’un tout petit lac continuera de faire des vagues qui viendront lécher plus d’un continent.