vendredi, juin 26, 2009

Expressions du Languedoc-Roussillon

Tour d'horizon de ce qui se fait de mieux en Languedoc-Roussillon grâce à Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau.

Au programme, pas moins de dix rouges pour se faire une idée des différents styles (qualitatifs) en Languedoc-Roussillon. Appellation en perpétuel renouveau où il est bon d'aller mettre son nez souvent !
  1. Saint-Chinian "Olivier" 2007 - Thierry Navarre - 12.50€
    On commence fort, très fort avec un vin pur gourmandise tout en fruit comme je les aime. Cet assemblage à parts égales entre carignan, grenache et syrah offre un nez croquant de cerises, de fruits rouges, dans un style "nature". La bouche est tout aussi gourmande avec cassis et superbe fraîcheur. Le genre de vin que l'on boit au litre sans s'en apercevoir! ZE vin de copain! Très Bien

  2. Côtes du Roussillon "Le Pilou" 2006 - Olivier Pithon - 21.90€
    A base de vieilles vignes de carignan, on gagne au profondeur avec des notes sanguines. L'attaque est souple et harmonieuse mais l'acidité volatile revient en finale lui donnant une acidité pas très bien intégrée. Attention à la gestion du SO2. Moyen+

  3. Saint-Chinian "Ivresses" 2006 - Canet-Valette - 15.90€
    Ce 90% grenache a un nez qui rappelle le vin précédent: notes animales mais avec un surplus de complexité offert par des épices (cannelle, cumin). La bouche est "plus plus": plus de tanins, plus de matière offrant un ensemble ample, puissant mais maîtrisé. Pour amateur de Watt. A garder. Bien-

  4. Coteaux du Languedoc Montpeyroux "Vent de Terre" 2007 - Domaine des Grécaux - 24.50€
    Mon deuxième coup de coeur de la soirée après Thierry Navarre. Ce 100% grenache offre un nez complexe de fumé (original), de cassis, d'agrumes et de notes florales. Un régal de complexité. La bouche est sphérique, aérienne (la cuvée porte bien son nom!) avec une adéquation parfaite entre matière, fruit et digestibilité. Un vin "fait d'air" qui envoûte, sensuel même si la finale n'est pas encore tout à fait en place. Très Bien

  5. Coteaux du Languedoc Terrasse du Larzac "Les Combariolles" 2006 - Mas Cal Demoura - 21.50€
    Assemblage de syrah, grenache et mourvèdre qui se présente sous un jour de fruits noirs discrets, tabac, violette et un boisé encore marqué. La bouche est soyeuse et dense, les tanins fins et la finale élancée. Bien+


  6. Vin de Pays d'Oc "Le merle aux Alouettes" 2005 - Alain Chabanon - 23€
    90% merlot. 1er nez de banane mais qui évolue vite sur les herbes aromatiques, soutenues par une volatile un peu trop présente. La bouche n'est pas en place: tanins asséchants, acidité marquée (effet volatile?). Une bouche serrée et en recherche d'harmonie. Je me pose une nouvelle fois la question de la gestion du SO2. A regoûter. Moyen

  7. Coteaux du Languedoc Pic-Saint-Loup "Les métairies du Clos" 2006 - Clos Marie - 27.50€
    Majorité de vieux carignan. 1er nez marqué légèrement par la volatile mais qui heureusement laisse vite place à de beaux fruits noirs et de belles notes herbacées nobles tout en fraîcheur. La bouche est à ce stade fermée: tanins et alcool s'entrechoquent. La belle longueur laisse présager d'un bel avenir. A garder. Bien-

  8. Vin de Table "Sylvie" - Domaine Terre Inconnue - 42€
    50% syrah, 50% serrine. Nez intense un peu monolithique sur le cassis. En bouche, on se dit que l'on ne finira pas la bouteille. Les 14% d'alcool font bloc, même si de beaux tanins déroulent tout au long de la dégustation. Puissance mais du potentiel après quelques années de garde. Moyen+

  9. Cotes du Roussillon VIllages "Clos des Fées" 2004 - Domaine le Clos des Fées (Hervé Bizeuil) - 52€
    Vin d'assemblage classique (syrah, carigan, mourvèdre et grenache). Beau nez de café avec notes mentholées, conjuguée à une fine volatile. A l'aération apparaissent le boisé et l'alcool. La bouche est "modern" avec boisé intense, vanillé et les Watt. Vin un peu bluffant mais qui à mon sens manque de personnalité. Je ne succombe pas au charme de ce style. A regoûter dans 5 ans. Moyen

  10. Coteaux du Languedoc "Clos des Cistes" 2003 - Domaine Peyre-Rose - 60€
    Syrah et grenache. Superbe nez complexe: herbes aromatiques, bruyère, animal. Envoûtant! Beaucoup de fruits denses en bouche. Petite note de figue séchée (effet millésime?) en milieu de bouche. Acidité salvatrice, marque d'une viticulture de qualité sur ce millésime caniculaire. Le boisé doit encore se fondre mais la longueur est déjà phénoménale! Bien+

Conclusion: Cette dégustation me renforce dans mes goûts "nature" (Navarre), privilégiant toujours l'élégance aérienne (Grécaux) à la puissance (Canet-Valette, Clos des Fées). Une chose est sûre: en Languedoc-Roussillon, il y en a pour tous les goûts et ce serait trop dommage de faire impasse sur cette région que l'on caricature trop souvent comme le berceau des vins puissants sudistes.

lundi, juin 22, 2009

Vinexpo 2009 c’est (re)parti !

Ça y est ! Le mastodonte est de nouveau en marche ! Vinexpo se tient à Bordeaux du 21 au 25 juin 2009. Quelques chiffres vous donnent l’ampleur du salon : 2400 exposants sur plus de 40 000 m2 de stands ; 48 pays représentés (France, Italie et Espagne couvrant cependant à eux seuls 80% de la surface des stands). On s’attend à voir défiler 45 000 professionnels ; 70 000 bouteilles seront ouvertes (sans modération !) ; 200 000 verres utilisés. Sans parler du désastre écologique de toutes ces brochures papiers jetés sans être lues…

Pour ma part, affronter la bête c’est en tant que journaliste vin que j’arpente les allées à la recherche de vins surprenants et généralement inaccessibles. Des pauses régulières au « Press Centre » permettront de me rebooster et soigner mes crampes !

Je commence mes deux journées sur place par une rencontre-débat inédite : six meilleurs sommeliers du monde réunis dans une même salle pour parler de l’avenir et des défis de la sommellerie dans un monde globalisé et en perpétuelle mutation.

Andreas Larsson (2007), Olivier Poussier (2000), Philippe Faure-Brac (1992), Serge Dubs (1989), Giuseppe Vaccarini (1978), Piero Sattanino (1971) partageront chacun leur vision du métier. Pour Serge Dubs, le sommelier reste avant tout au service du client, un homme de salle de restaurant. A Vaccarini de rappeler les débuts de la sommellerie où le sommelier était en contact direct avec les vignerons de sa région qu’il recevait régulièrement dans son restaurant. Olivier Poussier de conclure sur l’importance de réussir à protéger le nom de « sommelier » afin que quiconque ne puisse user de ce titre sans en avoir toutes les qualifications requises.

C’est ensuite déambuler aux hasards des allées pour aller à la rencontre des Riesling minéraux allemands (très belle définition et pureté), des vins brésiliens (caricature d’un style qui se perd dans une hyper-modernité au style boisé et alcooleux), des vins turcs (en recherche d'identité entre une viticulture avec des cépages internationaux vinifies par des oenologues français comme Stéphane Derenencourt et un ancrage dans les cépages locaux et les vignes pluricentenaires qui n'ont pas besoin d'irragation comme conseillé par Claude et Lydia Bourguignon).


Enfin, c’est un retour aux classiques avec la dégustation en primeur des Grands Crus Bordelais 2008 (Giscours caracolle en tete) et la (re)découverte d’un cépage souvent dénigré : la Barbera. Animé d’un nez de maître, Bernard Burtschy nous initie à la complexité, à la mutation de la Barbera au fil du temps et à sa capacité à faire de grands vins de garde.

Quelle multitude de styles entre :

• une Barbera pur fruit (cerise, framboise) d’une remarquable buvabilité (ses 14.5% d’alcool passe littéralement inaperçu) comme la Barbera d’Asti DOCG « Carbuné » 2008 de Franco Roero ;
• une Barbera plus dense et profonde, cistercienne, voire austère, parcourue par une trame acide fine et tranchante aux délicates notes végétales et poivrées comme la Barbera d’Asti DOC 2007 de La Cantina Sociale Barbera d’Asti dei Castelli ;
• une Barbera magistrale, tout en complexité et fondu où soyeux, harmonie d’un boisé parfaitement intégré et toucher de bouche vous font frissonner de plaisir tout en retenue comme dans la Barbera d’Asti DOC Superiore « Sei Vigne Insystesis » 2004 de la Cantina Sociale di Vinchio Vaglio Terra

Vous l’aurez compris, Vinexpo reste un rendez-vous incontournable pour le commerce mondial des liquides glycéroleux et ces quelques jours intenses où la planète vin vibre autour d’un tout petit lac continuera de faire des vagues qui viendront lécher plus d’un continent.

samedi, juin 13, 2009

La Clé des Champs... sous la grange!

J'adoooooooooore!! J'adoooooooooore!! J'adoooooooooore!!

Ne ratez pas la superbe terrasse sous la grange de La Clé des Champs à Nordhouse. Aurélien chef déco et Franck, master of wines, nous ont accueillis royalement dans une ambiance plus "campagne" que jamais. Zen, zen, zen...


Apéro enchanteur sur canapés draps blancs avec un Bourgogne Blanc "La Combe" 2007 de chez Catherine et Dominique Derrain. Un vin tout en finesse et en retenue qui conjugue fraîcheur et élégance avec de beaux amers qui ouvrent grand l'appétit.

Pour accompagner un superbe tartare de saumon à la verveine citronnée et un ris de veau asperges, on fonce sur un Pouilly-Fuissé "Tradition" 2004 du domaine Valette: quelle minéralité (silex) du début à la fin. Un monument empyreumatique passionant à la hauteur de certains vins de Didier Dagueneau.

Inutile de (re-)dire que l'on déprime à l'idée de devoir repartir!

Restaurant La Clé des Champs
171, rue de l'école
67150 Nordhouse
03 88 98 10 92
Fermé lundi journée, mercredi soir, samedi midi
http://www.la-cle-des-champs-67.com

jeudi, juin 04, 2009

Whisky et tourbe

On prend les mêmes et on remet ça à la cave des Domaines de Strasbourg avec le master des masters en Whisky, Right Honorable Johan Valleton!

Au programme, 10 whiskies tourbés entre Ecosse, Japon, USA, Inde. Whiskies dégustés non à l'aveugle, par ordre croissant d'intensité de tourbe.
  1. Ardmore 1996 11 ans Speyside (Ecosse) - 50€
    Alc. 50% Peu tourbé, plutôt beau boisé. Belle finale réglissée et fumée. Bien

  2. Mac Carthy's Oregon (USA) - 40€
    Alc. 42% 1er nez sur des notes de cuir, cirage, voire caoutchouc. Évolution plus positive sur des notes de fumé (saumon). Bouche moins complexe et un peu moins fine que le précédent. Finale salée mais amertume déviante. Moyen+

  3. Longrow CV Campelton (Ecosse) - 50€
    Alc. 46% 1er nez frais sur les agrumes et le fruit puis fumée froide. Assez discret mais fin. La bouche est salée avec pointe d'amandes fraîches. Bien

  4. Amrut Cask Strength (Inde) - 60€
    Alc. 63.8% Nez vanillé, fruité (cerise, cassis). Nez complexe mais la bouche est dominée par l'alcool (notre 1er cask strength, i.e. aucune dilution après les distillations). Bien-

  5. Peat Monster (Ecosse) - 45€
    Alc. 46% Equilibré mais un peu commercial, consensuel. Moyen

  6. Yamazaki 1993 (Japon) - 80€
    Alc. 62% Je ne suis pas arrivé à dépasser la masse d'alcool. A regoûter


  7. Laphroang Quarter Cask Islay (Ecosse) - 50€
    Alc. 48% Le whisky pour amateurs de tourbes. Superbe mélange de fumé et de réglisse. Bien

  8. Ardbeg Renaissance Islay (Ecosse) - 65€
    Alc. 55% Nez complexe: réglisse, fumée froide, chocolat. Très belle longueur et équilibre. Très Bien

  9. Miyagikyo 1986 21 ans (Japon) - 120€
    Alc. 63% Nez original avec des notes très jurassiennes de noix avec en sus un bouquet de gentiane, d'herbes médicinales. Par contre, la bouche est assombrie par le taux d'alcool. Bien

  10. Port Ellen 24 ans Islay (Ecosse) - 200€
    Alc. 54% Un mythe absolu pour les amateurs (distillerie aujourd'hui fermée). Nez complexe, fruité, tabac. Bouche pas très "whisky", plutôt typée "cognac" avec une belle salinité. Bien+
Plus je bois de Whisky, plus je réalise que je ne comprends rien! Un monde fascinant, mais je l'avoue, encore bien inaccessible à mes humbles papilles. A redoubler d'efforts! :-)

vendredi, mai 29, 2009

Meursault... beaucoup !

On prend les mêmes et on recommence! Rendez-vous chez Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau pour une superbe dégustation de Meursault. 9 vins dégustés à l'aveugle avec à la clé une émotion frissonnante... Compte-rendu d'un rendez-vous incontournable.

  1. Meursault Les Ormeaux 2006 - Domaine Coche-Bizouard (25€)
    Une mise en bouche qui donne le ton de la dégustation: finesse. Nez discret, frais qui s'ouvre progressivement. Une bouche un peu sur la retenue et timide mais avec une acidité mûre et une trame fine. Bien-

  2. Meursault Les Chevalières 2006 - Domaine Coche-Bizouard (28€)
    Changement de registre olfactif avec les classiques notes de grillés et de toastés. Vin plus ouvert, plus profond. La bouche offre plus de matière, plus de longueur sur une belle finale amère. Un peu trop riche à mon goût. Bien-

  3. Meursault Les Tesserons 2006 - Domaine Michel Bouzereau (32.50€)
    Au nez, on retrouve la discrétion du 1er vin mais avec des notes d'agrumes en plus (écorce d'orange). Une bouche minérale (pierres chaudes), large et équilibrée. Le gras est parfaitement maîtrisé, sans excès. Bien

  4. Meursault-Blagny 1er Cru Sous le Dos d'Ane 2006 - Domaine Philipe Chavy (42€)
    1er nez puissant voire alcooleux mais avec des belles notes d'herbes séchées. Une bouche moins élégante que les vins précédents avec des tannins présents, puissance et moins de finesse. Belle salinité. Moyen+

  5. Meursault 1er Cru Le Poruzot 2007 - Domaine Dominique Laurent (50€)
    Nez classique grillé et torréfié (café). Par contre quelle bouche: superbe acidité qui offre une tension mûre; belle longueur sur une finale beurrée et grillée qui envoûte sans jamais écoeurer. Très Bien

  6. Meursault Les Rougeots 2003 - Domaine Coche-Dury (47€ acheté en 2005)
    Pour moi, l'émotion , le frisson de la soirée! Nez complexe mélangeant torréfaction, fraîcheur (agrumes) et minéralité (pierre à fusil). Évolution sur les fruits secs et le sous-bois. Quel monde enchanteur! En bouche, c'est le frisson comme les grands bourgognes savent parfois nous procurer. Vin très charmeur, harmonieux à souhait, toucher de bouche velouté, longueur impressionnante. Un vin qui ne se dévoile pas en bloc mais par paliers de plaisir. Un vrai moment d'émotion. Grand


  7. Meursault Les Tillets 2005 - Domaine Roulot (50€)
    Aie aie aie! Vin bouchonné très légèrement qui le dénature complètement. Le nez n'est pas net et la bouche est dissociée. Quel dommage! On ne cache pas le coup de déprime après le firmament atteint avec le Coche-Dury. Non Noté

  8. Meursault 1er Cru Genevrières 2005 - Domaine Michel Bouzereau (46€)
    Nez original avec des notes d'hydrocarbure. Le vin se goûte mal ce soir. Il offre une bouche asséchante et dissociée et la finale est verte. L'acidité ne me semble pas des plus mûres. A regoûter. Décevant

  9. Meursault Les Tessons Clos de Mon Plaisir 2006 - Domaine Roulot (70€)
    Après une série noire de deux vins consécutifs, nous finissons en beauté sur ce vin tout en élégance et attachant. Grande finesse exprimée au travers d'une trame acide conductrice et de vibrations sensuelles. Du potentiel car pas encore au sommet de son expressivité. A garder. Bien+

jeudi, mai 21, 2009

Domaine de L'Arbre Blanc

Il ne faut pas longtemps pour savoir que l’on va se sentir très bien, mais alors très bien, en compagnie de Frédéric Gounan, l’heureux propriétaire du Domaine de L’Arbre Blanc, 2 hectares en Vin de Pays du Puy-de-Dôme à Saint-Sandoux au Sud de Clermont-Ferrand.

Il ne faut pas longtemps non plus pour laisser tomber le vouvoiement qui semble ici déplacé.

On attaque la conversation autour de la prêle fraîchement cueillie qui sèche peinard sous le hangar en attente de la prochaine décoction biodynamique.

Avec Frédéric on refait le monde, on parle de bio et de vin nature bien sûr, on s’énerve aussi face une société trop hygiéniste et sécuritaire, mais avant tout on rigole à chaudes larmes.

Sourire aux lèvres, regard pétillant, casquette solidement vissée sur le crâne, « Fred » nous emmène dans son univers rêveur et sincère, fait de douces siestes, de troc et de canons avec les bons copains.

Alors rien d’étonnant qu’il fasse des vins à son image. Des vins vivants qui tournent allégrement le dos à la « logique de mort » de certains vins conventionnels, ceux qui, par manque d’émotions vraies et de « frisson », finissent par ennuyer. On ne s’érige pas impunément en dompteur de la nature sans en bafouer sa force vitale.

Sur ses deux hectares qu’il travaille seul et pour l’essentiel à la force de ses bras, Frédéric sait que les bonnes choses prennent du temps (18 à 24 mois d’élevage), que le vin se fait dans la vigne et que la matière première ça se respecte (vendange en caissettes, peu d’erafflage). Il minimise ses interventions en cave : pas d’ajout de soufre pendant l’élevage (les sols basaltiques en sont naturellement riches) ; aucune levure exogène « psychopathe » ; aucun collage ni filtrage.

L’accueil dans les « chais » de l’Arbre Blanc est à l’opposé de l’accueil « costard-cravate » des châteaux Bordelais. Ici dans une ambiance néon sans chichi, entre deux cuves et un tuyau, on colle son oreille aux barriques pour entendre jalousement la malo. Les barriques tâchées rassurent.

La dégustation

Le domaine donne naissance à quatre cuvées aux personnalités bien trempées :
  • Les Petites et Grandes Orgues à base de Pinot Noir planté en 2000 (11,80€ et 26,20€)
  • La cuvée Vinzelle à base de Gamay du Beaujolais âgé de 40 ans (11,80€)
  • La cuvée Vieilles Vignes à base de Gamay d’Auvergne planté en 1906 (19,20€)

Les 2007 dégustés sur fûts marquent par leur naturel. La légère volatile du Vinzelle s’intègre parfaitement aux petits fruits noirs et aux notes de violette épicée.
Les Vieilles Vignes (dégusté sur 2006 en bouteille) ont incontestablement un surplus de densité et de mâche sans toutefois perdre en « buvabilité ». La vinification en vendanges entières apporte une touche divine de fraîcheur mentholée.
Les Petites Orgues est l’essence même du vin de copain, dans la pure lignée des Pierres Chaudes de son ami Patrick Meyer.
Les Grands Orgues, une sélection des meilleures barriques (600 bouteilles), nous séduit par sa complexité avec de jolies notes fumées, de réglisse et de poivre. C’est un vin à garder secrètement au fond de sa cave pendant quelques années.


Les deux heures et demie sont passées aussi vite que la bouteille de Vieilles Vignes s’est vidée ! On repart avec le sentiment de s’être fait un nouvel ami que l’on invite dans la foulée à venir nous voir en Alsace. On remplit son coffre de quelques uns de précieux nectars que l’on dégustera, certes loin des volcans millénaires d’Auvergne, mais à coup sûr la tête remplie de la générosité auvergnate... heureux de savoir que le sourire de Frédéric s’invitera à notre tablée lors de notre prochaine « épaulée-jetée » citoyenne !


Domaine de L’Arbre Blanc
Frédéric Gounan
Rue de l’Arbre Blanc
Saint-Sandoux
Tél 04 73 39 40 91

vendredi, mai 01, 2009

Clos de la Garenne

Quoi de mieux de passer un 1er mai ensoleillé en déjeunant en terrasse du Clos de la Garenne à Saverne.

Accueillis toujours aussi si chaleureusement par Virginie et Sébastien Schmitt et leur super équipe très ouriante, nous allons passer deux bonnes heures autour d'un festival de saveurs et un vin mythique. Inutile de vous dire que le plus dur a été de devoir repartir!

A noter: Virginie (chef décoratrice) et Sébastien (super homme-à-tout-faire) sont en constante ébullition. Ils sont en train de finir un superbe sauna. En projet aussi: 6 chambres supplémentaires et aménagement d'une chambre panoramique avec vue sur toute la vallée. Un endroit où on a envie de revenir souvent pour découvrir toutes les nouveautés (culinaires et hôtelières).

Je me suis laissé tenter par un magret de canard sur escalope de foie gras avec miel de pissenlit. Et pour accompagner cette merveille d'équilibre sucré-salé croustillant-fondant, nous avons accompagné notre repas d'un Morey Saint-Denis 2004 du domaine Arlaud (55€):

La Bourgogne comme je l'aime. Vin à la robe légèrement évoluée avec de belles nuances orangées. Un nez d'une grande classe qui s'ouvre sur un bouquet de fruits rouges et noirs et qui évolue sur un boisé subtil et enchanteur et des notes de poivre. La tenue à l'aération est remarquable ce qui me fait dire que ce vin ira loin. La bouche est un modèle d'harmonie et est très "Chambolle". On a beau être "que" sur un village, le toucher de bouche est exemplaire de finesse et de justesse. Les tanins sont fondus à souhait et la finale réglissée nous amène loin. Quel régal! Très Bien


Clos de la Garenne
88, rue du Haut Barr
67700 Saverne
Tél: 03 88 71 20 41