lundi, juin 13, 2011

Domaine Clément Lissner (Wolxheim)

A l'occasion du pique-nique vigneron, je me suis rendu pour la première fois à Wolxheim à la rencontre de Bruno Schloegel, ce jour là accompagné de Michèle Heinrich.

Énergie, énergie, énergie...


La thématique de la journée avait attiré mon attention "Ondes et énergies dans le vignoble de Wolxheim". A part le parcours classique avec le vigneron dans les vignes et des explications de son travail de la terre, Michèle nous a introduit aux énergies cosmiques du lieu.

Les ondes cosmiques forment un système vibratoire complexe dans lequel la vie a pu et continue à se développer. Nous arpentons ainsi le coteau du Grand Cru Altenberg de Wolxheim à la recherche des hauts lieux d'énergie sacrés.

Il faut savoir mettre de côté son cerveau rationnel et laisse une bonne part à son intuition et laisser ouvert tous nos pores. Nous allons ainsi faire une série de trois expériences énergétiques.

L'énergie solaire:

Se positionnant tour à tour en un point précis le long du mur du cimetière en bas de coteau, nous allons lâcher prise, écarter les bras, les ouvrir et les monter vers le ciel. S'en suit, des picotements sur le bout des doigts et une lourdeur à la base du cou...

Les sources:

De l'autre côté du cimetière, à la lisière d'un verger, nous marchons très lentement au-dessus de 2 sources souterraines parallèles. Il parait qu'en passant à la verticale des sources, la vessie nous lance des signes....

La grotte et la cheminée tellurique:

Dans la partie haute du Grand Cru se trouve une grotte dans les sous-bois. En se plaçant au sommet du talus au fond de la grotte, on ressent distinctement la cheminée tellurique. On sent comme des tourbillons dans un sens, puis dans l'autre. Le front aussi semble se réchauffer, comme pris dans un étau. On en perd presque l'équilibre.

Merci pour cette ouverture d'esprit et d'avoir partagé avec nous ces expériences énergétiques intimes. Ces intuitions ne doivent pas entièrement se substituer à la raison et aux forces du progrès techniques. Mais elles viennent compléter un savoir pour nous porter vers une viticulture propice à la vie, respectant au mieux les équilibres du lieu et la transmission de l'expression du terroir.

Et les vins dans tout ça?

Dégustation du millésime 2010 encore en cours d'élevage au beau milieu des vignes. Un Sylvaner Horn tendu à souhait, à la limite de la claque. Ses notes citronnées seront parfaites sur des huîtres.

Le Pinot Blanc est sur 2010 incisif et droit. Parfait pour un apéro réussi. L'Auxerrois, un assemblage de 2009 et de 2010, qui à mon sens ne réussit pas une synthèse entre deux millésimes diamétralement opposés (2009 sur la richesse; 2010 sur le côté tranchant/incisif).

Le Gewurztraminer encore en cours de fermentation s'exprime à ce stade sur le litchi et la mangue. Espérons qu'il finisse sec car à ce stade le creux de milieu de bouche et la finale collante n'en font pas un vin abouti.

Le pinot noir s'exprime dans un bouquet de fruits rouges et est tout aérien. Un, vin de copain parfait à siroter à l'occasion d'un pique-nique comme aujourd'hui.

En somme, les vins dégustés étaient simples sans pour autant procurer une sensation vibratoire notable mais qui je suis sûr, grâce au travail accompli dans les vignes, progresseront dans les prochaines années. Un domaine à suivre...

Domaine Clément Lissner
Bruno Schloegel
20, rue principale
67120 Wolxheim
Tél 03 88 38 10 31
lissner.fr

vendredi, mai 13, 2011

Dix vins... "divins"

Le programme a tenu toutes ses promesses. Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau s'est proposé de partager avec ses clients ses dix coups de coeur du moment. Photo à un instant "t" de ce qui compte pour lui dans le vin.

Des vins qui ont tous une personnalité forte. Des vins à l'émotion minérale et l'énergie vibratoire authentiques. Pas facile de se mettre ainsi à nu et de dévoiler la part intime de sa manière de déguster.

5 blancs, 5 rouges: le bal peut commencer...

  1. Montlouis-sur-Loire "Les Bournais" 2008 François Chidaine - 19.50€
    100% chenin. Le nez met un peu de temps à s'ouvrir. Les agrumes et fruits blancs apparaissent peu à peu. L'attaque en bouche est large et puissante mais elle laisse vite place à une trame rectiligne d'acidité mûre. On retrouve les notes citronnées du nez et une pointe de salinité. Tout ceci nous fait saliver longtemps en fin de bouche. Quelle longueur. Très Bien

  2. Arbois "Les Graviers" 2008 Stéphane Tissot - 21.50€
    100% Chardonnay. Ah le Jura, moi j'aime! Nez envoûtant sur des notes empyreumatiques très marquées et un cocktail grillé+beurré des plus fins. La minéralité du nez se retrouve "big time" en bouche avec une finale sur de superbes amers. Pour amateur de sensation minérale jurassique. Très Bien

  3. Riesling Grand Cru Muenchberg 2008 André Ostertag - 34€
    (sol marno-gréseux)
    Très beau nez qui pétrole tout en finesse. Le vin se complexifie à l'aération avec des notes de menthol. En bouche superbes notes d'agrumes qui étirent le vin. Finale légèrement tannique. Un vin qui se goûte déjà à merveille mais qu'il faudra garder une dizaine d'année pour qu'il se développe toutes ses facettes. L'Alsace au top. Très Bien

  4. Riesling Grand Cru Hengst "Samain" 2008 Josmeyer - 42.50€
    (sol marno-calcaire)
    1er nez assez fermé. Il faut lui laisser du temps dans le verre pour qu'il s'ouvre sur des agrumes et fruits exotiques. La bouche offre un toucher "calcaire" d'anthologie tout en finesse. Un modèle de rectitude. Les marnes offrent puissance et des tanins des plus envoûtants. Une longueur phénoménale. Les 6 g/l de sucres résiduels sont parfaitement intégrés. Un monument, une fierté pour le rayonnement international des grands blancs d'Alsace. Très Bien+

  5. Puligny-Montrachet 1er cru Les Folatières 2007 Anne-Claude Leflaive - 100€
    C'est le genre de nez qui me fait frissonner d'entrée de jeu. Pas le temps de réfléchir, l'émotion vous envahit. Un nez envoûtant sur des notes beurrées et grillées de la plus belle facture. La bouche est à l'opposé du vin précédent: elle est sphérique et construite toute en largeur. Finale anisée originale. A ce stade, le vin ne dévoile cependant pas toute sa longueur et semble moins élancé que le précédent. A l'aveugle, je pensais être sur un millésime plus ancien (comme 2004 avec une légère pointe d'oxydation). A garder. Très Bien

  6. Coteaux du Languedoc "Les Cocalières" 2008 Domaine d'Aupilhac - 16.50€
    (30% grenache, 30% mourvèdre, 40% syrah)
    Après cette série de 5 blancs mythiques, la transition vers les rouges est difficile. Et ce vin en fera les frais. Le nez me semble monolithique sur des notes de cassis avec une pointe de matériel végétal et des épices. La bouche offre un cocktail acide / tanins pas des plus fondus. Les notes poivrées ont du mal à donner une cohérence à ce vin. A regoûter dans un autre contexte. Moyen+

  7. Coteaux du Languedoc 2008 Montcalmès - 27€
    Beau nez sudiste complexe et éclatant de fruits noirs, cassis, violette. La bouche est puissante et l'alcool est marqué. Les tanins sont d'une très belle facture, la finale fumée mais globalement les "Watt" et un certain manque de fraîcheur me gênent un peu à ce stade. Décidément les rouges ont la vie dure ce soir... Bien-

  8. Grand Cru Clos de la Roche 2008 Domaine Arlaud - 75€
    Voilà enfin un rouge qui me cause. Un nez qui pinote à souhait avec des notes animales et quelques épices. La bouche est d'une très grande classe avec un élevage "super maîtrisé", un modèle de finesse, diamétralement opposé au vin précédent. Émotion saline en finale qui me porte très loin. Le pinot noir dans toute sa magie. Très Bien+

  9. Coteaux du Languedoc 2001 Mas Jullien
    (assemblage de syrah, mourvèdre et cinsault)
    Quel nez! Ici point de notes d'alcool mais au contraire une fraîcheur tout en basilic, voire une certaine "brise" et le tout enrobé dans le graphite. En bouche, je me croyais sur la rive gauche à Bordeaux. Tanins veloutés, boisé magistralement intégré. Évolution sur les épices. Le Sud tout en fraîcheur, "I like". Très Bien

  10. Côte Rotie "Les Grandes Places" Jean-Michel Gérin 2001 - 100€
    Nez sur des notes fumées / graphite, épices (clou de girofle) et pointe animale. La bouche est d'une immense buvabilité avec une trame acide qui offre une longue salivation jouissive. Sur une côte de boeuf grillé à souhait au BBQ et au coeur fondant... Très Bien
Conclusion: la profusion de notes "Très Bien" ou des "envoûtant" parlent d'elles mêmes. Rarement autant d'émotions en enfilade. Un concentré de jus de bonheur que l'on n'oubliera pas de si tôt. Merci Jean-Luc et on remet ça dans "t" + minimum...

samedi, avril 23, 2011

Visite au domaine des Cailloutis (Gaillac)

Changement de décor pour la visite phare de notre séjour dans le gaillacois. Bienvenu chez Patricia et Bernard Fabre du domaine des Cailloutis.

Perché en haut d’une colline magnifique, au bout d’une route sillonnant à travers de vieilles maisons en pierre, on débarque au domaine « entre ciel et terre » avec un horizon dégagé à 360. Très vite, on sent que l’on va passer un bon moment dans cet endroit qui rayonne d’ondes positives…

Accueillis par Patricia et son magnifique chapeau, nous allons petit à petit rentrer dans le monde de la biodynamie et de Nature et Progrès. Ici on n’applique pas les préceptes à lettre de M. Steiner, mais au contraire on expérimente. Les préparations de prêle et d’ortie ne sont pas dynamisées. Il se base sur un diagnostic kinésiologique pour établir les éventuels déséquilibres énergétiques de la plante. Ils font alors appel à des élixirs floraux comme remède.

Au début, on est tous un peu timide et la dégustation est plutôt studieuse. Mais assez vite, Patricia dégaine de très beaux sourires, ses yeux pétillent et on se sent presque comme à la maison. On parle de vin bien sûr, mais on embraye rapidement sur la viticulture, l’écologie, les cueillettes sauvages.

Loin de tout concept marketing, on entre dans le monde noble des travailleurs de la terre. On fait connaissance avec une famille qui cherche à minimiser son empreinte écologique sur l’environnement. Nous aurons ainsi le droit à la visite des toilettes « sèches » et des bassins naturels à base de végétaux pour purifier les eaux usées.

Même si on ne voit pas toujours les elfes et les gnomes en question, on se prend au jeu et on s’ouvre volontiers à une autre approche du vivant, plus instinctive et expérimentale. Car le plus important est bien là : les résultats se font bel et bien (res)sentir dans les vins. Chaque cuvée a sa personnalité. On goûte une sève vivante et vibrante, toujours très pure. En somme, des vins sans maquillage, aux prix d’une modestie incroyable tout à l’image de leurs nobles géniteurs. Une chose est sûre, on reviendra se ressourcer ici et regoûter à ce petit Eden hors du temps, hors de la globalisation galopante. On repart d’ici pas tout à fait dans l’état où nous sommes arrivés. Signe qui ne trompe pas…


Les vins

Gaillac « Orchidée » Blanc 2008 – 4.50€
Un blanc sec éclatant de fleurs et de fruits. Un vrai régal pour l’apéro en terrasse dans un jardin ombragé sous un cerisier (on dirait du vécu, ça !). Le vin gagne de la finesse et pureté aromatique avec l’aération. Très Bien

Gaillac « Prestige » Blanc 2009 – 6.50€
Passage en barrique et léger bâtonnage. En résulte un vin plus épicé et avec un beau gras qui tapisse la fin de bouche. Rien à voir avec un maquillage vulgaire. Ici l’élevage apporte une vraie personnalité. Bien

Gaillac Rouge 2009 – 5€
Ma cuvée gourmande préférée du domaine. Touche d’originalité cette année, la Syrah participe pour la première fois à cette cuvée (à hauteur de 20%). Du coup, en plus du cocktail habituel de fruits rouges et frais, on y retrouve des notes de violette et de poivre. Le tout dans un équilibre irréprochable, gouleyantissime ! C’est le genre de bouteille qui s’évapore comme par miracle. Testé et approuvé sur des gariguettes au dessert. Un régal de simplicité et de justesse. Très Bien

Gaillac « Prestige » Rouge 2007 – 8€
Là aussi prestige signifie élevage bois (12 mois) qui apporte densité et velouté. Le supplément de mâche appelle quelques protéines mais là encore on ne perd jamais de vue la buvabilité sacrée du domaine. Bien

Gaillac Blanc Doux 2008 – 5€
Les vins moelleux de qualité les moins chers de la planète ! On prend un grand snif de coing au nez et en bouche la magie de la salivation longiligne opère. La grande classe ! Très Bien

Gaillac Blanc Liquoreux « Cœur d’or » 2008 – 10€ (50 cl)
Wow ! Chapeau bas. Ce vin réconcilie quiconque avec les liquoreux. Loin de vous coller la bouche par des sucres surabondants, on découvre une véritable sève fraîche bercée de zeste d’agrumes (oranges…) à la finale interminable. Pas de doute, les elfes y sont pour quelques choses ! Très Bien

Domaine des Cailloutis

Patricia et Bernard Fabre
81140 Andillac
Tel/Fax 05 63 33 97 63

Visite au domaine de la Ramaye (Michel Issaly) à Gaillac

Le domaine

Accueilli amicalement par Michel Issaly, nous allons faire en une heure le tour des vins du domaine. Michel, qui est entre autres président des Vignerons Indépendants, est dans une phase de décroissance.

Le domaine est passé de 15 à 5 hectares et il envisage de le réduire à 2 ha dans quelques années. Il veut une exploutation à taille humaine pour faire des vins haute couture / de garage ? Ses activités annexes lui empêchent encore aujourd’hui d’être vigneron à plein temps et d’apporter tous les soins nécessaires à ses vignes. Du coup, il se voit dans l’obligation d’employer deux produits systémiques (des « saloperies » comme il l’avoue volontiers) pour palier aux attaques parasitaires.

On apprécie chez Michel sa démarche de défense des cépages locaux (prunelard, braucol, et duras en rouge ; mauzac, len de l’el et oundenc en blanc) ainsi que son honnêteté. Si les vins manquent aujourd’hui à mon sens un peu d’âme, il faudra les suivre dans ses prochaines années… Ses prix détonnent un peu aussi au regard de l’appellation et de leur qualité.

Les vins

Gaillac premières côtes « Les Cavaillès Bas » Blanc 2008 – 12€
70% mauzac, 20% len de l’el et 10% de oundenc
Un vin blanc sec d’apéro, peu expressif et qui mériterait un carafage pour être plus causant. Moyen

Gaillac « La Combe d’Avès » Rouge 2007 – 15€
50% duras, 50% braucol
Un beau vinj de fruits rouges croquants à boire entre copains. La finale est fraîche et gouleyante. Bien



Gaillac « La Combe d’Avès » Rouge 2006 – 15€
50% duras, 50% braucol
On prend les mêmes mais on ne recommence pas ! En effet, l’élevage sous bois encore effectué cette année là ne passe pas. On perd la magie du fruit au détriment d’un boisé toujours pas intégré. J’ai du mal à comprendre ce choix d’élevage sur ce type de vin. Très Moyen

Gaillac « Le Grand Tertre » Rouge 2009 – 25€
90% prunelard, 10% braucol
L’intérêt de cette cuvée est de nous faire découvrir le prunelard. Un cépage qui donne de la mâche et de la sucrosité. Sensations proches du grenache, voire de l’humagne rouge du Valais suisse. Par contre, on ressent fortement l’effet millésime avec un excès du couple alcool / sucrosité. Le genre de vin où on a du mal à finir la bouteille. Moyen

Gaillac « Le Braucol » Rouge 2009 – 45€
100% braucol
La cuvée star (par le prix !) du domaine. Elevage ambitieux dans des fûts neufs issus de chênes de la région. Un vin malheureusement body buildé, voire parkerisé que je ne comprends pas. Allez laissons lui le temps de s’assagir et regoûtons le dans 10 ans. A regoûter.

Gaillac « Le Vin de l’Oubli » Blanc 1999 – 30€ (50 cl)
100% mauzac
Un vin de voile, typé vin jaune. Profil classique oxydatif sur des notes de noix. Belle tension. A deguster sur un beau comté 24 mois. Bien

Domaine de la Ramaye
Michel Issaly
Sainte Cécile d’Avès
81600 Gaillac
www.michelissaly.com

samedi, avril 16, 2011

Mes mots du vin...

Je vous conseille très vivement la lecture du supplément du numéro 100 du "Le Rouge & Le Blanc". Dans une démarche intime et touchante, les dégustateurs du R&B parlent chacun à leur tour d'une voix personnelle de leur vision du grand vin.

Un fois de plus Frank Sauvey (lire aussi ici) offre une vision du vin qui me parle beaucoup. Extrait: "La sensation d'énergie n'est pas 'séduisante', pas 'agréable', elle est frappante. C'est un choc émotionnel, réjouissant par sa dynamique, sa vitalité. (...) Les grands vins vivants ont cela en commun: ils nous emmènent par l'évidence de leur présence, qu'elle soit faite d'énergie ou d'autre chose."

Des moments rares de partage qui donnent envie de (re)formuler sa vision personnelle du grand vin authentique et vivant. Timide essai de mettre des mots, mes mots, sur ce qui touche à la partie la plus intangible et immatérielle de la dégustation: l'émotion.

J'ai déjà évoqué ici l'importance de la transparence. J'aurais envie aujourd'hui d'insister sur l'importance du toucher dans ma façon de déguster.

Au fil du temps je m'éloigne de l'idée d'une quête (trop souvent compétitive) d'une liste (la plus longue possible) d'arômes pour aller à l'essentiel: vider sa tête et se recueillir devant les sensations tactiles et vibratoires de notre langue, de notre bouche toute entière. Rempli par la sève d'un vin vivant, le silence s'impose tout naturellement. Notre corps frissonne face à ce ballet d'ondes inconnues et pourtant si familières. Le grand vin s'entrevoit par petites touches, des petites tâches de lumière évanescentes mais si inoubliables.

vendredi, février 11, 2011

La vie en... rouge

12 mecs, 8 rouges et 1 kebab! Voici en trois chiffres le programme de la soirée chez Vins & Terroirs à Haguenau. Dégustation à l'aveugle (of course), les vins ayant été carafé
une heure en moyenne.
  1. Arbois Trousseau "Singulier" 2009 - Stéphane Tissot (18.90€)
    Comme toute mise en bouche, elle est souvent difficile. Nez assez discret, peu causant. Attaque sur la sucrosité. Bouche dissociée: alcool, astringence, finale amère chaude. Effet millésime se fait sentir. Peu de buvabilité. Moyen -

  2. Coteaux du Languedoc St Georges d'Orques "della Francesca" 2007 - Dom. Lamarfée (18.90€)
    Nez tout en contraste avec le précédent avec une explosion acidulée de cassis, (macération carbonique?) d'herbes aromatiques avec une très belle évolution sur le basilic. Re-contraste en bouche avec une superbe digestibilité, peu d'alcool, des tanins mûrs et une finale allongée et saline. Bien+

  3. Givry 1er Cru Clos Jus 2008 - François Lumpp (24€)
    Ze vin classe de la soirée. Nez qui pinote à souhait avec ce mélange subtil de notes animales et minérales. Une vraie invitation au plaisir. La bouche construite sur une superbe trame acide est d'une finesse remarquable, de la dentelle, très aérienne. Très belle longueur pour ce vin pas du tout démonstratif. La bourgogne classe comme je l'aime. Fera pâlir bien des grands crus de la Cote de Nuits. Très Bien +

  4. Chinon Coteaux de Noiré 2007 - Philippe Alliet (29.50€)
    Nez qui mérite encore un peu d'aération: notes de boisé, de poivron. Même constat en bouche même si la belle fraîcheur globale est salvatrice. Il faudra attendre quelques années que l'alcool se fonde, les tanins se veloutent. Bien -

  5. Clos de la Roche Grand Cru 2006 - Armand Rousseau (90€)
    ça re-pinote. Quelle classe! Avec une complexité en plus par rapport au Givry: notes de tabac... Bouche plus puissante que chez Lumpp avec une vraie identité construite autour de notes épicées, marqueur du terroir? Par contre le prix me laisse rêveur. Très Bien -

  6. Hermitage Marquise de la Tourette 2007 - Domaine Delas (55€)
    Syrah, yes, yes, yes. Quel nez de violette et de poivre. Un régal. La bouche est tout en minéralité enrobée de notes épicées. La finale est la plus saline de la dégustation. La salivation finale n'en finit pas. Très Bien

  7. Châteauneuf du Pape 2008 - Beaucastel (58€)
    Un vin trop jeune à l'évidence. Nez fermé avec une pointe d rafle (vinification en vendanges entières?) Apparemment pas, mais vinification "flash détente" tout de même. A ce stade, tout ça me paraît un peu extrait, violenté mais sans doute parce que nous sommes en présence d'un vin très jeune. Même constat avec une bouche qui n'est pas en place: réglisse, alcool, vanille, pointe de verdeur. Tout défile sans une harmonie d'ensemble. Alors il faudra être patient de longues années. Tout comme le 2007 dégusté précédemment (lire ici). A regoûter

  8. Châteauneuf du Pape "Cacrau" 1998 - Vieux Télégraphe (90€)
    Le temps a métamorphosé ce vin. Un monde le sépare du millésime 2007 (lire ici). Ici le nez fait frissoner avec ses notes de tabac, de cuir et animales. La bouche est tout en velours et délicatesse. L'alcool et l'élevage se sont parfaitement intégrés. Un grand vin sudiste dans toute sa splendeur. Comme quoi, il faut savoir attendre les vins "plus plus". Très Bien
Conclusion: Il n'y a pas de grands vins qui ne se s'inscrivent pas dans le temps.

samedi, octobre 23, 2010

Domaine de la Tournelle (Arbois)

Formule jurassienne originale, la dégustation au domaine se fait au café de la Tournelle! Dans une ambiance très conviviale, les guests de passage se voient servir les différents vins du domaine. Ce jour là c'est Pascal en personne qui est au commande. On ne compte plus le nombre de bouteilles ouvertes.

Je me suis limité aux blancs secs de ce superbe domaine en biodynamie. Prix TTC départ domaine.

1. Arbois Chardonnay Terres de Gryphées 2007- 9,20€
Sur un terroir assez lourd composé d'argiles et de marnes grises, ce vin offre une superbe tension avec de fines notes citronnées. Un vin qui se gardera bien et qui claque de pureté comme je les aime. Bien
2. Arbois Chardonnay Les Corvées sous Curon 2006 - 11,70€
Terroir magique composé de calcaires du lias. 1er nez sur une légère volatile dynamique qui s'affine à l'aération. La bouche est paradoxalement moins en place que pour le vin précédent et offre une étrange sensation de gras. A oublier en cave quelques années. Moyen +

3. Arbois Fleur de Savagnin 2008 - 12,60€
Vin ouillé qui à ce stade ce rapproche des Terres de Gryphées avec une bouche tout en tension minérale à la finale salinissime. Bien +


4. Arbois Fleur de Savagnin 2001
La comparaison n'est pas flatteuse pour le 2001. Réduction au nez et bouche fatiguée. Je n'y retrouve plus la tension du 2008. Bof
5. Arbois Savagnin de Voile 2006 - 14,50€
Non ouillé. Un 1er nez sur la pomme verte et le jus de citron qui nous fait saliver. Evolution sur la minéralité (cailloux). Bouche en contraste avec le nez avec les notes classiques d'oxydation (noix) et une acidité en retrait. Belle équilibre global et fera merveille sur un comté 24 mois. Bien

6. Arbois Vin Jaune 2003 - 35€
Nez de "jaune". Bouche offrant une belle longueur mêlant noix, notes salines et épicées (poivre). Finale sur les épices, voire un peu chaude (millésime). Bien-

7. Crémant du Jura Brut de Brut - 7,50€
Dommage que ce crémant soit légèrement dosé. Je l'aurai préféré en sec de chez sec. Mais bon rapport qualité/prix. Moyen+

Conclusion: un domaine à découvrir d'urgence pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Le travail des sols et la persévérance dans les pratiques biodynamistes le fera sans aucun doute progresser toujours plus loin.

Domaine de la Tournelle
Evelyne et Pascal Clairet
5, Petite Place
39600 ARBOIS
Tél. 03 84 66 25 76
Fax 03 84 66 27 15
www.domainedelatournelle.com