samedi, novembre 19, 2011

Crayères de Champagne

Il faut le faire au moins une fois dans sa vie... C'est classé tout de même au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Alors la décision est prise, on part en Champagne! (Je vous rassûre, pour un weekend seulement!).

Evidemment improviser une visite de cave un samedi est une chose un peu compliquée. Après moultes coups de fil, la maison Taittinger à Reims veut bien nous ouvrir ses portes, moyennant bien sûr 14 la visite (business is business!).

C'est parti pour une heure de visite dans les entrailles du sous-sol reimois avec la visite des fameuses Crayères.

Movie time!

Mais ça se mérite. D'abord passage obligé dans la salle home cinema pour une présentation Hollywood de la maison familiale fondée en 1931. 250 ha en propre, 1000 vendangeurs, 4+10 km de caves souterraines pour stocker 3+9 millions de cols, 50 000 visiteurs par an, 70% export bla bla bla... Wow, ça pète!

Bon passons aux choses sérieuses: on descend par un escalier à vis dans les caves souterraines sur 3 niveaux (-12m, -18m et -23 mètres pour la plus profonde). La température descend progressivement avec la profondeur (8 degrés Celsius à -23m) et le taux d'humidité lui augmente (80% au fond). 

5 remueurs travaillent à plein temps chez Taittinger pour s'occuper de la cave historique sous la maison mère à Reims. On y stocke deux cuvées (la prestigieuse Comtes de Champagne, un 100% Chardonnay à 110€ la bouteille (!) et le Brut Réserve). Ils parcourent les 4 km de galeries et surveillent 3 millions de bouteilles. 100% de remuage manuel dans cette cave (un bon remueur peut apparemment remuer 40 000 bouteilles par jour!). Le reste du stock est tenu dans une autre cave plus moderne (10 km de galeries pour 19 millions de bouteilles, 100% giropalettes).



Les crayères sont des grottes souterraines creusées par les romains au IVème siècle après JC dans la craie tendre et exploitées un temps par les moines bénédictins. Il y règne une atmosphère de recueillement et d'inspiration mystique. On est loin du frou frou, des strass et des paillettes qui règnent en surface. Un silence absolu y règne. On n'a même pas froid, juste captivé par ses millions de bouteilles impeccablement rangées, qui reposent en paix dans un éclairage orangé au sodium...

La (mini) dégustation

On finira notre immersion dans ce monde à part par la dégustation du Brut Sans Année (BSA pour les intimes) cuvée Réserve (31€ svp!). Un assemblage 45% Chardonnay, 35% pinot noir et 20% pinot meunier. La droiture du Chardonnay prend agréablement le dessus mais les 9 g/l de sucres résiduels me gênent. Ici pas de place pour les non dosés, encore moins pour les non sulfités "nature". Quel dommage, mais on a frappé à la mauvaise porte pour ce genre de demande.

Bien sûr la dégustation s'arrête là. Les autres cuvées se dégustent avec les yeux et le porte-feuille! On est loin de la convivialité bourguignonne!

Conclusion

Les champennois sont imbattables du point de vue marketing. Ils savent véritablement vendre du rêve. Se perdre dans les dédales de craie à 20 mètres sous terre restera en effet une expérience inoubliable et pourra justifier aux yeux de certains acheteurs le prix prohibitif, incisif des cuvées. A copu sûr, il nous faudra revenir pour déguster des champagnes non dosés, "nature", droits comme des "I" dans une maison à taille humaine. Oui, je fais le rêve qu'elles existent...

(Toutes les photos ici).

vendredi, octobre 07, 2011

Rhône 2009, un millésime (très) solaire

Petit tour d'horizon avec les "usual suspects" d'Haguenau sur le millésime 2009 dans la vallée du Rhône. 9 vins au programme. Ballade entre le Nord et le Sud de l'appellation sur un millésime résolument solaire dans la lignée du 2003.

Côtes du Ventoux "Nadal" - Domaine de Fondrèche 2009 - 15€
Assemblage 45% Syrah, 45% Grenache et 10% Mourvèdre. Nez sur le boisé et alcool marqué. La bouche est construite sur la puissance avec des tanins asséchants. Un vin austère à ce stade, laissant une impression de vin muté. Le fruit a du mal à transpercer cette masse opaque. Dure dure l'entrée en matière... Moyen-

Côte du Rhône "Coudoulet" - Domaine de Beaucastel 2009 - 17.50€
30% Grenache, 30% Mourvèdre, 30% syrah et 10% cinsault. Nez plus charmeur que le précédent sur la cerise et les épices. Une bouche élégante, caressante avec une matière plus discrète. La finale réglissée et sur de beaux amers lui donnent un petit air de "j'y reviens volontiers!". Bien

Saint Joseph "Amarybelle" - Yves Cuilleron 2009 - 22.50€
100% Syrah, 18 mois d'élevage en barrique. 1er nez légèrement sur la réduction (notes animales). Evolue sur alcool et boisé. Attaque discrète en bouche. Un vin qui tapisse toute la bouche, charmeur. Bouquet de violettes. Classe. Finale fraîche (c'est rare!). Bien

Côte Rotie "Champin le Seigneur" - Jean-Michel Gérin 2009 - 36€
90% Syrah, 10% Viognier
Nez relativement fermé mais qui laisse poindre de très belles choses: notes animales, Syrah et surtout mine de crayon. Bouche épicée (d'autant plus accentuée que l'alccol pointe le bout de son nez) et ample. La salivation abondante en finale est salvatrice mais l'impression de sucrosité également présente en fin de bouche n'est pas la bienvenue à ce stade. Il faudra savoir l'attendre. Bien

Côte Rotie "Les Bécasses" - Chapoutier 2009 - 50€
Nez charmeur de Syrah avec pointe animale et réglissée. Par contre la bouche est un choc et se présente sous un jour difficile: masse tannique asséchante, alcool over présent, bouche un peu lâche, acidité "isolée". Une bouche pas en place. On est face à un mur. A garder mais bof. [le lendemain, la bouteille présentait un faible goût de bouchon. Ceci pouvant expliquer celà. A regoûter donc.] Moyen

Côte Rotie "Les Terres Sombres" - Yves Cuilleron 2009 - 59€
Pour moi, the highlight of the evening. 1er nez café puis des notes végétales nobles (raffle mûre?). Nez qui évolue tout en complexité (tabac, estragon). Envoûtant. Bouche tout en tension soutenue par une belle acidité. Grand vin de densité et legerté. Tanins veloutés, longueur, tout est un là pour un vin classe. Très Bien

Châteauneuf du Pape - Vieux Télégraphe 2009 - 52€
Les connaisseurs disent qu'il faut savoir attendre les vins du Vieux Télégraphe. En tout cas, ce soir le vin se goûte très mal. Au nez, alcool (14.5%) et boisé. En bouche, fruits compotés, impression de sucrosité collante. Un vin très fatigant à ce stade. A garder absolument. Bof

Châteauneuf du Pape - Beaucastel 2009 - 65€
Un vin qui a enthousiasmé les foules ce soir là. Par contre mes sensations étaient plus réservées. Nez assez fermé qui s'exprime à ce stade sur des notes lactées et l'alcool pointe à l'aération. La bouche offre de l'allonge, un certain côté aérien (si rare dans cette dégustation) mais les notes de figues fraîches rappellent le millésime. On finit sur des notes boisées et des amers. A garder absolument et à regoûter dans 10 ans. Bien-

Côte Rotie "Les Grandes Places" - Jean-Michel Gérin 2009 - 78€
Attention les prix s'envolent! Nez classe et complexe: notes musquées, rafles nobles, graphite. La bouche offre la suavité et les caresses d'une côte rotie. Elle allie puissance maitrisée et tension minérale. Le millésime pointe son nez sous une forme de sucrosité inhabituelle. Un grand vin de garde. Très Bien

Conclusion: Sans aucun doute, un millésime à garder qui se déguste en général assez mal aujourd'hui. Les vins ont des "watt" avec de forts degrés alcooliques et des matières ++. Il faudra savoir les attendre et y revenir dans  à 10 ans. Personnellement mon goût pour les millésimes froids demeure. Les prix des grands noms laissent parfois rêveurs. Vive les "petits" millésimes!

vendredi, septembre 30, 2011

Domaine André Ostertag

Au programme de cette dégustation chez Jean-Luc Lanoix à vins & Terroirs, dix vins du domaine André Ostertag, domaine mythique en Alsace et bien au-delà de nos frontières. Un vigneron attachant, poète et cistercien dans l'âme. Un grand monsieur qui fait honneur aux grands blancs de terroir. A découvrir de toute urgence pour ceux qui n'auraient pas encore eu la chance de trmper leurs lèvres dans ses divins breuvages.

Pinot Noir Fronholz 2009 - 30€
La puissance du millésime alliée à celle d'un sol argilo-marneux nous livrent un vin qui ne se déguste pas bien dans sa jeunesse. Nez marqué par l'alcool, assez fermé. Les fruits se font timidement sentir. La bouche est riche en matière et se présente sous un jour compact, à la limite de l'austérité. Par contre la finale avec sa longue salivation laisse présager de bonnes choses pour son avenir. A garder. Moyen

Riesling  Epfig 2009 - 13.90€
Un beau vin de fruit sur un registre variétal tout en pureté. Attaque en largeur, mais finale citronné très rafraichissante. Un super vin d'apéro pour faire "claquer" une belle soirée. Bien

Muscat Fronholz 2008 - 20€
Superbe finesse et pureté aromatique avec de fines notes muscatées sans aucun excès ni lourdeur. Une bouche avec un léger creux en son milieu. Finale assez courte sur les amers. Un peu décevant au regard du prix. Moyen

Riesling Clos Mathis 2008 - 25€
On monte d'un cran pour ce riesling situé sur le Grand Cru Kirchberg. Au nez, alliage d'agrumes (orange) et de minéralité. La bouche offre une attaque grasse et une belle allonge. Déjà très bien en place. On se fait plaisir de suite ou on peut le garder quelques années. Bien

Riesling Fronholz 2009 - 26€
Un nez austère comme je les aime. Le millésime est difficilement perceptible en bouche avec une très
belle acidité mûre. On gagne en longueur. Bien+

Riesling Muenchberg 2008 - 34€ (il coûtait 26€ il y a un an!)
Le grand vin de la soirée, un monument pour amateur de Riesling minéral. Nez légerement pétrolé sur un registre minéral tout en tension. La bouche est un modèle de droiture. quelle classe! Quelle longueur! Le genre de bouteille qui nous fait déprimer quand elle est terminée. Comme beaucoup de grands vins, on peut se faire déjà plaisir maintenant ou on l'encave pour les 20 à 30 prochaines années. Très Bien+

Pinot Gris zellberg 2009 - 30€
Nez discret de fruits secs. Amateurs de champignons s'abstenir! Elevage parfaitemetn maitrisé qui allie gras et tension. De nouveau une longueur impressionante. Un régal sur des ris de veau ou une poule d'Alsace crémée. Bien+

Pinot Gris A360P 2009 - 42€
La fameuse parcelle cadastrale sur le Grand Cru Muenchberg. Là encore, amateur de champi passez votre chemin. Nez tout en discrétion et minéralité. Une bouche magistrale, complexe et riche (quelques sucres résiduels). Puissance solaire du millésime. Un grand millésime de gastronomie. Bien+

Riesling Muenchberg VT 2007 - 45€
Un liquoreux à l'allemande avec seulement 11% d'alcool acquis (et donc environ au moins 150 g S.R.). Nez complexe et envoûtant pour une bouche fruit de la passion et gingembre. La masse de sucre résiduel me gène un peu à ce stade. A garder (longtemps). Bien-

Gewurztraminer Fronholz VT 2008 - 39€
Ce soir là, cette VT est un cran au-dessus de la précédente. Nez frais sur les fruits exotiques (fruit de la passion, mangue, ananas) et pas sur les notes classiques de rose et litchi. Bouche explosive sphérique offrant une vraie énergie vibratoire et un côté aérien. Un gewurz comme on les aime et que l'on rencontre malheureusement que trop rarement. Très Bien

lundi, juin 13, 2011

Domaine Clément Lissner (Wolxheim)

A l'occasion du pique-nique vigneron, je me suis rendu pour la première fois à Wolxheim à la rencontre de Bruno Schloegel, ce jour là accompagné de Michèle Heinrich.

Énergie, énergie, énergie...


La thématique de la journée avait attiré mon attention "Ondes et énergies dans le vignoble de Wolxheim". A part le parcours classique avec le vigneron dans les vignes et des explications de son travail de la terre, Michèle nous a introduit aux énergies cosmiques du lieu.

Les ondes cosmiques forment un système vibratoire complexe dans lequel la vie a pu et continue à se développer. Nous arpentons ainsi le coteau du Grand Cru Altenberg de Wolxheim à la recherche des hauts lieux d'énergie sacrés.

Il faut savoir mettre de côté son cerveau rationnel et laisse une bonne part à son intuition et laisser ouvert tous nos pores. Nous allons ainsi faire une série de trois expériences énergétiques.

L'énergie solaire:

Se positionnant tour à tour en un point précis le long du mur du cimetière en bas de coteau, nous allons lâcher prise, écarter les bras, les ouvrir et les monter vers le ciel. S'en suit, des picotements sur le bout des doigts et une lourdeur à la base du cou...

Les sources:

De l'autre côté du cimetière, à la lisière d'un verger, nous marchons très lentement au-dessus de 2 sources souterraines parallèles. Il parait qu'en passant à la verticale des sources, la vessie nous lance des signes....

La grotte et la cheminée tellurique:

Dans la partie haute du Grand Cru se trouve une grotte dans les sous-bois. En se plaçant au sommet du talus au fond de la grotte, on ressent distinctement la cheminée tellurique. On sent comme des tourbillons dans un sens, puis dans l'autre. Le front aussi semble se réchauffer, comme pris dans un étau. On en perd presque l'équilibre.

Merci pour cette ouverture d'esprit et d'avoir partagé avec nous ces expériences énergétiques intimes. Ces intuitions ne doivent pas entièrement se substituer à la raison et aux forces du progrès techniques. Mais elles viennent compléter un savoir pour nous porter vers une viticulture propice à la vie, respectant au mieux les équilibres du lieu et la transmission de l'expression du terroir.

Et les vins dans tout ça?

Dégustation du millésime 2010 encore en cours d'élevage au beau milieu des vignes. Un Sylvaner Horn tendu à souhait, à la limite de la claque. Ses notes citronnées seront parfaites sur des huîtres.

Le Pinot Blanc est sur 2010 incisif et droit. Parfait pour un apéro réussi. L'Auxerrois, un assemblage de 2009 et de 2010, qui à mon sens ne réussit pas une synthèse entre deux millésimes diamétralement opposés (2009 sur la richesse; 2010 sur le côté tranchant/incisif).

Le Gewurztraminer encore en cours de fermentation s'exprime à ce stade sur le litchi et la mangue. Espérons qu'il finisse sec car à ce stade le creux de milieu de bouche et la finale collante n'en font pas un vin abouti.

Le pinot noir s'exprime dans un bouquet de fruits rouges et est tout aérien. Un, vin de copain parfait à siroter à l'occasion d'un pique-nique comme aujourd'hui.

En somme, les vins dégustés étaient simples sans pour autant procurer une sensation vibratoire notable mais qui je suis sûr, grâce au travail accompli dans les vignes, progresseront dans les prochaines années. Un domaine à suivre...

Domaine Clément Lissner
Bruno Schloegel
20, rue principale
67120 Wolxheim
Tél 03 88 38 10 31
lissner.fr

vendredi, mai 13, 2011

Dix vins... "divins"

Le programme a tenu toutes ses promesses. Jean-Luc Lanoix de Vins & Terroirs à Haguenau s'est proposé de partager avec ses clients ses dix coups de coeur du moment. Photo à un instant "t" de ce qui compte pour lui dans le vin.

Des vins qui ont tous une personnalité forte. Des vins à l'émotion minérale et l'énergie vibratoire authentiques. Pas facile de se mettre ainsi à nu et de dévoiler la part intime de sa manière de déguster.

5 blancs, 5 rouges: le bal peut commencer...

  1. Montlouis-sur-Loire "Les Bournais" 2008 François Chidaine - 19.50€
    100% chenin. Le nez met un peu de temps à s'ouvrir. Les agrumes et fruits blancs apparaissent peu à peu. L'attaque en bouche est large et puissante mais elle laisse vite place à une trame rectiligne d'acidité mûre. On retrouve les notes citronnées du nez et une pointe de salinité. Tout ceci nous fait saliver longtemps en fin de bouche. Quelle longueur. Très Bien

  2. Arbois "Les Graviers" 2008 Stéphane Tissot - 21.50€
    100% Chardonnay. Ah le Jura, moi j'aime! Nez envoûtant sur des notes empyreumatiques très marquées et un cocktail grillé+beurré des plus fins. La minéralité du nez se retrouve "big time" en bouche avec une finale sur de superbes amers. Pour amateur de sensation minérale jurassique. Très Bien

  3. Riesling Grand Cru Muenchberg 2008 André Ostertag - 34€
    (sol marno-gréseux)
    Très beau nez qui pétrole tout en finesse. Le vin se complexifie à l'aération avec des notes de menthol. En bouche superbes notes d'agrumes qui étirent le vin. Finale légèrement tannique. Un vin qui se goûte déjà à merveille mais qu'il faudra garder une dizaine d'année pour qu'il se développe toutes ses facettes. L'Alsace au top. Très Bien

  4. Riesling Grand Cru Hengst "Samain" 2008 Josmeyer - 42.50€
    (sol marno-calcaire)
    1er nez assez fermé. Il faut lui laisser du temps dans le verre pour qu'il s'ouvre sur des agrumes et fruits exotiques. La bouche offre un toucher "calcaire" d'anthologie tout en finesse. Un modèle de rectitude. Les marnes offrent puissance et des tanins des plus envoûtants. Une longueur phénoménale. Les 6 g/l de sucres résiduels sont parfaitement intégrés. Un monument, une fierté pour le rayonnement international des grands blancs d'Alsace. Très Bien+

  5. Puligny-Montrachet 1er cru Les Folatières 2007 Anne-Claude Leflaive - 100€
    C'est le genre de nez qui me fait frissonner d'entrée de jeu. Pas le temps de réfléchir, l'émotion vous envahit. Un nez envoûtant sur des notes beurrées et grillées de la plus belle facture. La bouche est à l'opposé du vin précédent: elle est sphérique et construite toute en largeur. Finale anisée originale. A ce stade, le vin ne dévoile cependant pas toute sa longueur et semble moins élancé que le précédent. A l'aveugle, je pensais être sur un millésime plus ancien (comme 2004 avec une légère pointe d'oxydation). A garder. Très Bien

  6. Coteaux du Languedoc "Les Cocalières" 2008 Domaine d'Aupilhac - 16.50€
    (30% grenache, 30% mourvèdre, 40% syrah)
    Après cette série de 5 blancs mythiques, la transition vers les rouges est difficile. Et ce vin en fera les frais. Le nez me semble monolithique sur des notes de cassis avec une pointe de matériel végétal et des épices. La bouche offre un cocktail acide / tanins pas des plus fondus. Les notes poivrées ont du mal à donner une cohérence à ce vin. A regoûter dans un autre contexte. Moyen+

  7. Coteaux du Languedoc 2008 Montcalmès - 27€
    Beau nez sudiste complexe et éclatant de fruits noirs, cassis, violette. La bouche est puissante et l'alcool est marqué. Les tanins sont d'une très belle facture, la finale fumée mais globalement les "Watt" et un certain manque de fraîcheur me gênent un peu à ce stade. Décidément les rouges ont la vie dure ce soir... Bien-

  8. Grand Cru Clos de la Roche 2008 Domaine Arlaud - 75€
    Voilà enfin un rouge qui me cause. Un nez qui pinote à souhait avec des notes animales et quelques épices. La bouche est d'une très grande classe avec un élevage "super maîtrisé", un modèle de finesse, diamétralement opposé au vin précédent. Émotion saline en finale qui me porte très loin. Le pinot noir dans toute sa magie. Très Bien+

  9. Coteaux du Languedoc 2001 Mas Jullien
    (assemblage de syrah, mourvèdre et cinsault)
    Quel nez! Ici point de notes d'alcool mais au contraire une fraîcheur tout en basilic, voire une certaine "brise" et le tout enrobé dans le graphite. En bouche, je me croyais sur la rive gauche à Bordeaux. Tanins veloutés, boisé magistralement intégré. Évolution sur les épices. Le Sud tout en fraîcheur, "I like". Très Bien

  10. Côte Rotie "Les Grandes Places" Jean-Michel Gérin 2001 - 100€
    Nez sur des notes fumées / graphite, épices (clou de girofle) et pointe animale. La bouche est d'une immense buvabilité avec une trame acide qui offre une longue salivation jouissive. Sur une côte de boeuf grillé à souhait au BBQ et au coeur fondant... Très Bien
Conclusion: la profusion de notes "Très Bien" ou des "envoûtant" parlent d'elles mêmes. Rarement autant d'émotions en enfilade. Un concentré de jus de bonheur que l'on n'oubliera pas de si tôt. Merci Jean-Luc et on remet ça dans "t" + minimum...

samedi, avril 23, 2011

Visite au domaine des Cailloutis (Gaillac)

Changement de décor pour la visite phare de notre séjour dans le gaillacois. Bienvenu chez Patricia et Bernard Fabre du domaine des Cailloutis.

Perché en haut d’une colline magnifique, au bout d’une route sillonnant à travers de vieilles maisons en pierre, on débarque au domaine « entre ciel et terre » avec un horizon dégagé à 360. Très vite, on sent que l’on va passer un bon moment dans cet endroit qui rayonne d’ondes positives…

Accueillis par Patricia et son magnifique chapeau, nous allons petit à petit rentrer dans le monde de la biodynamie et de Nature et Progrès. Ici on n’applique pas les préceptes à lettre de M. Steiner, mais au contraire on expérimente. Les préparations de prêle et d’ortie ne sont pas dynamisées. Il se base sur un diagnostic kinésiologique pour établir les éventuels déséquilibres énergétiques de la plante. Ils font alors appel à des élixirs floraux comme remède.

Au début, on est tous un peu timide et la dégustation est plutôt studieuse. Mais assez vite, Patricia dégaine de très beaux sourires, ses yeux pétillent et on se sent presque comme à la maison. On parle de vin bien sûr, mais on embraye rapidement sur la viticulture, l’écologie, les cueillettes sauvages.

Loin de tout concept marketing, on entre dans le monde noble des travailleurs de la terre. On fait connaissance avec une famille qui cherche à minimiser son empreinte écologique sur l’environnement. Nous aurons ainsi le droit à la visite des toilettes « sèches » et des bassins naturels à base de végétaux pour purifier les eaux usées.

Même si on ne voit pas toujours les elfes et les gnomes en question, on se prend au jeu et on s’ouvre volontiers à une autre approche du vivant, plus instinctive et expérimentale. Car le plus important est bien là : les résultats se font bel et bien (res)sentir dans les vins. Chaque cuvée a sa personnalité. On goûte une sève vivante et vibrante, toujours très pure. En somme, des vins sans maquillage, aux prix d’une modestie incroyable tout à l’image de leurs nobles géniteurs. Une chose est sûre, on reviendra se ressourcer ici et regoûter à ce petit Eden hors du temps, hors de la globalisation galopante. On repart d’ici pas tout à fait dans l’état où nous sommes arrivés. Signe qui ne trompe pas…


Les vins

Gaillac « Orchidée » Blanc 2008 – 4.50€
Un blanc sec éclatant de fleurs et de fruits. Un vrai régal pour l’apéro en terrasse dans un jardin ombragé sous un cerisier (on dirait du vécu, ça !). Le vin gagne de la finesse et pureté aromatique avec l’aération. Très Bien

Gaillac « Prestige » Blanc 2009 – 6.50€
Passage en barrique et léger bâtonnage. En résulte un vin plus épicé et avec un beau gras qui tapisse la fin de bouche. Rien à voir avec un maquillage vulgaire. Ici l’élevage apporte une vraie personnalité. Bien

Gaillac Rouge 2009 – 5€
Ma cuvée gourmande préférée du domaine. Touche d’originalité cette année, la Syrah participe pour la première fois à cette cuvée (à hauteur de 20%). Du coup, en plus du cocktail habituel de fruits rouges et frais, on y retrouve des notes de violette et de poivre. Le tout dans un équilibre irréprochable, gouleyantissime ! C’est le genre de bouteille qui s’évapore comme par miracle. Testé et approuvé sur des gariguettes au dessert. Un régal de simplicité et de justesse. Très Bien

Gaillac « Prestige » Rouge 2007 – 8€
Là aussi prestige signifie élevage bois (12 mois) qui apporte densité et velouté. Le supplément de mâche appelle quelques protéines mais là encore on ne perd jamais de vue la buvabilité sacrée du domaine. Bien

Gaillac Blanc Doux 2008 – 5€
Les vins moelleux de qualité les moins chers de la planète ! On prend un grand snif de coing au nez et en bouche la magie de la salivation longiligne opère. La grande classe ! Très Bien

Gaillac Blanc Liquoreux « Cœur d’or » 2008 – 10€ (50 cl)
Wow ! Chapeau bas. Ce vin réconcilie quiconque avec les liquoreux. Loin de vous coller la bouche par des sucres surabondants, on découvre une véritable sève fraîche bercée de zeste d’agrumes (oranges…) à la finale interminable. Pas de doute, les elfes y sont pour quelques choses ! Très Bien

Domaine des Cailloutis

Patricia et Bernard Fabre
81140 Andillac
Tel/Fax 05 63 33 97 63

Visite au domaine de la Ramaye (Michel Issaly) à Gaillac

Le domaine

Accueilli amicalement par Michel Issaly, nous allons faire en une heure le tour des vins du domaine. Michel, qui est entre autres président des Vignerons Indépendants, est dans une phase de décroissance.

Le domaine est passé de 15 à 5 hectares et il envisage de le réduire à 2 ha dans quelques années. Il veut une exploutation à taille humaine pour faire des vins haute couture / de garage ? Ses activités annexes lui empêchent encore aujourd’hui d’être vigneron à plein temps et d’apporter tous les soins nécessaires à ses vignes. Du coup, il se voit dans l’obligation d’employer deux produits systémiques (des « saloperies » comme il l’avoue volontiers) pour palier aux attaques parasitaires.

On apprécie chez Michel sa démarche de défense des cépages locaux (prunelard, braucol, et duras en rouge ; mauzac, len de l’el et oundenc en blanc) ainsi que son honnêteté. Si les vins manquent aujourd’hui à mon sens un peu d’âme, il faudra les suivre dans ses prochaines années… Ses prix détonnent un peu aussi au regard de l’appellation et de leur qualité.

Les vins

Gaillac premières côtes « Les Cavaillès Bas » Blanc 2008 – 12€
70% mauzac, 20% len de l’el et 10% de oundenc
Un vin blanc sec d’apéro, peu expressif et qui mériterait un carafage pour être plus causant. Moyen

Gaillac « La Combe d’Avès » Rouge 2007 – 15€
50% duras, 50% braucol
Un beau vinj de fruits rouges croquants à boire entre copains. La finale est fraîche et gouleyante. Bien



Gaillac « La Combe d’Avès » Rouge 2006 – 15€
50% duras, 50% braucol
On prend les mêmes mais on ne recommence pas ! En effet, l’élevage sous bois encore effectué cette année là ne passe pas. On perd la magie du fruit au détriment d’un boisé toujours pas intégré. J’ai du mal à comprendre ce choix d’élevage sur ce type de vin. Très Moyen

Gaillac « Le Grand Tertre » Rouge 2009 – 25€
90% prunelard, 10% braucol
L’intérêt de cette cuvée est de nous faire découvrir le prunelard. Un cépage qui donne de la mâche et de la sucrosité. Sensations proches du grenache, voire de l’humagne rouge du Valais suisse. Par contre, on ressent fortement l’effet millésime avec un excès du couple alcool / sucrosité. Le genre de vin où on a du mal à finir la bouteille. Moyen

Gaillac « Le Braucol » Rouge 2009 – 45€
100% braucol
La cuvée star (par le prix !) du domaine. Elevage ambitieux dans des fûts neufs issus de chênes de la région. Un vin malheureusement body buildé, voire parkerisé que je ne comprends pas. Allez laissons lui le temps de s’assagir et regoûtons le dans 10 ans. A regoûter.

Gaillac « Le Vin de l’Oubli » Blanc 1999 – 30€ (50 cl)
100% mauzac
Un vin de voile, typé vin jaune. Profil classique oxydatif sur des notes de noix. Belle tension. A deguster sur un beau comté 24 mois. Bien

Domaine de la Ramaye
Michel Issaly
Sainte Cécile d’Avès
81600 Gaillac
www.michelissaly.com